Insécurité dans le Bongolava: Les « dahalo » font payer des « taxes » !
15 000 Ar par tête. C’est la somme réclamée par des hordes de « dahalo » qui ratissent de nombreux villages dans la région du Bongolava. De peut d’être les cibles des représailles de ces bandits, nos sources préfèrent taire le nom des localités concernées. Quoi qu’il en soit, les « dahalo » imposent ainsi leurs propres « taxes ». Ils dressent la liste des ménages et distribuent ladite liste pour que tout individu paie les 15 000 Ar. Ils n’hésitent pas à revenir pour ceux qui ne se trouvent pas dans leur maison au moment de leur passage. Outre cette sorte de taxe qui est évidemment illégale, les « dahalo » s’adonnent à leurs occupations favorites, c'est-à-dire le vol de bovidés. Ils raflent également tout objet de valeur et tout autre bien dont la vente peut leur rapporter de l’argent. Ayant ras-le-bol de ces vols et rackets, des habitants ont décidé de rallier le poste de gendarmerie pour informer les responsables de cette triste situation. Mais ces derniers leur ont dit qu’ils n’avaient pas à s’immiscer dans cette affaire ! Nos sources traduisent cette réponse comme une implication de ces forces de l’ordre dans les attaques perpétrées par les « dahalo » ainsi que dans ce nouveau procédé qui consiste à rançonner les gens.
Il faut pourtant indiquer que la région du Bongolava arrive au premier rang concernant la couverture en poste de gendarmerie. 84,5% de ses communes disposent d’un poste, d’après les données de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Elle est suivie par le Menabe (54,9%), l’Analamanga (54,7%) et l’Ihorombe (53,8%). Au niveau national, la couverture en poste de gendarmerie au niveau des communes est de 31,5%. Mais apparemment, les régions comptant de nombreuses zones rouges affichent un taux de couverture relativement plus élevé que les autres. Le Bongolava ne déroge pas à cette règle. Dans ce cas, l’on se demande pourquoi les « dahalo » continuent à faire leur loi dans cette région. Pire, ils inventent de nouvelles formules pour mieux spolier les gens. Certes, aucune statistique officielle n’est disponible sur les vagues de migration interne, mais il n’empêche que des populations issues de la région du Bongolava commencent à quitter leur lieu de résidence. Ils préfèrent rejoindre des parents ailleurs au lieu de continuer à subir les pressions et les violences perpétrées par les « dahalo ».
De tels déplacements occasionnent de nombreux problèmes socioéconomiques tant pour les migrants que pour leurs hôtes. Citons l’arrêt forcé de l’école pour les enfants, l’abandon des activités économiques habituelles et l’arrivée dans de nouvelles zones où il faudra encore reprendre tout à zéro sans l’assurance d’y enregistrer un succès… En réalité, le fait de disposer de postes de gendarmerie en nombre plus élevé ne garantit pas la sécurité à la population, si l’on se penche sur le cas du Bongolava. Ce qui veut dire qu’il faut l’accompagner d’autres mesures comme la rotation rapide des responsables de la sécurité afin d’éviter d’éventuelles ententes avec les « dahalo ».
Fanjanarivo