Contre la gendarmerie: Les coopératives s’insurgent…
Les coopératives de taxi-brousse de l’axe Sud (notamment sur la ligne Tana-Fianar) s’élèvent bruyamment contre l’exigence des gendarmes à leur endroit. D’abord car pour assurer la sécurité des véhicules, fréquemment attaqués par des bandits de grands chemins, la gendarmerie contraint les taxis-brousse à évoluer en convoi. Ce qui oblige les véhicules à de longues attentes pour former un cortège. Les gendarmes réclament ensuite d’être véhiculés dans les taxis-brousse, ce qui incommode les passagers qui doivent se serrer pour leur faire de la place.
Les coopératives souhaitent donc que la gendarmerie use de ses véhicules, dont elle dispose en nombre, notamment à Tana-Ville pour la répression des « manifs ». Ou utilise les motos, nombreuses en sa possession, pour escorter les hautes personnalités. Les coopératives soupçonnent d’ailleurs les gendarmes postés sur l’axe Sud d’être de connivence avec les bandits de grands chemins. D’abord car souvent et à des endroits bien déterminés, ils arrêtent les convois et procèdent à des tirs de sommation. Comme pour alerter les malfaiteurs et leur demander de s’éloigner. Ensuite car souvent aussi, quand des gendarmes sont inclus dans les convois, il n’y a pas d’attaque, alors qu’il y en a quand ils sont absents.
Voilà des doléances sur lesquelles la gendarmerie ferait bien de se pencher. Notons que les attaques de taxi-brousse sur les routes nationales n’ont jamais autant prospéré que sous l’actuel régime. Et la gendarmerie est impuissante à les éradiquer, comme elle est déjà impuissante à éliminer les méfaits des dahalo. Si elle consacrait ses efforts (et surtout ses hommes et son matériel) à la sécurité des citoyens plus qu’à la défense du régime, son image serait meilleure auprès des coopératives de transport et de la population en général.
A.R
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