Création d’entreprises: En recul de -34,7% de janvier à septembre

Le climat des affaires est loin d’être au beau fixe malgré le petit bond de 2 places de Madagascar dans le Doing business 2017 de la Banque mondiale : le pays est passé du 169ème rang au 167ème d’une année à l’autre. On doit aussi noter la forte progression de 13 places sur la création d’entreprises. Le pays est passé de la 126ème place à la 113ème entre 2016 et 2017. Malgré tout, l’on assiste à un fort recul de la création d’entreprises sur les 9 premiers mois de l’année. Ce recul est de -34,7% dans tout le pays, d’après le Tableau de bord économique (TBE octobre 2016) de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Il faut aussi signaler que les nouveaux établissements recensés par cet institut sont formels. La régression évoquée ci-dessus est essentiellement alimentée par le recul dans la création d’entreprises individuelles (-36%). Ces entreprises constituent pourtant le tissu de micro entreprises et de PME, un des importants piliers de l’économie. Cela veut dire que l’économie nationale est plus que morose. Sinon, de nombreuses petites unités préfèrent évoluer dans l’informel pour se soustraire aux obligations fiscales, trop lourdes pour le maigre revenu qu’elles tirent de leurs activités. Mais la création d’entreprises individuelles n’est pas la seule à avoir affiché un recul sur les 9 premiers mois de l’année.

Pour les Sociétés anonymes (SA) dont la plupart évolue, en principe, dans le rayon des grandes entreprises, la baisse de l’effectif des sociétés nouvellement créées est de -15,6% sur la période étudiée, contre -16% pour les Sociétés à responsabilité limitée (Sarl). Même dans la capitale qui génère toutefois 55% du PIB national, la création de nouvelles entreprises a connu une baisse de -14,6% de janvier à septembre 2016. Cela signifie que l’économie est touchée en plein cœur. Et ce n’est pas le sommet de la francophonie prévu démarrer mardi prochain qui y changera quelque chose. Pire, les dirigeants et leurs mesures cache-misère risquent d’aggraver la situation. En effet, le secteur informel qui fait vivre des millions de personnes constitue une place trop importante dans l’économie pour que les mesures prises contre elle mais en faveur du sommet de la francophonie, ne provoquent des pertes. Certes, celles-ci ne vont pas affecter les recettes fiscales, mais elles touchent durement les ménages concernés, notamment dans la capitale. Citons les marchands de trottoirs, les tireurs de charrettes et de pousse-pousse. Il ne s’agit plus seulement de faire la chasse aux marchands des rues passantes comme Analakely et Anosy. Les marchands d’autres rues sont également concernés à cause du sommet.

Mais outre le climat des affaires qui dissuade l’investissement dans de nouvelles entreprises, notons aussi que l’économie souterraine occupe une place prépondérante dans le tissu économique. Cette économie-là est constituée par les trafics en tous genres et elle a fort probablement un volume plus important que l’économie formelle. En effet, les trafics de bois de rose sont estimés à 800 millions de dollars pendant la transition et jusqu’au début du régime Rajaonarimampianina. Or, le pays a beaucoup peiné pour obtenir du FMI la Facilité élargie de crédit (FEC) de 307 millions de dollars dont la 1ère tranche n’atteint même pas 50 millions de dollars. Ainsi, le pays évolue avec trois économies, en l’occurrence la formelle, l’informel et la souterraine contre qui l’Etat n’engage qu’une molle lutte.

Fanjanarivo

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