1896-1960: Pour une indemnisation de Madagascar par la France (82ème partie)

A Madagascar, le pouvoir colonial français a tué plus de 200.000 malgaches en 1896 et autant en 1947. Dans les deux cas, les coupables et leurs complices n’ont jamais été derrière les barreaux. Même très longtemps après les faits, le droit international exigerait qu’un procès se tienne, que les coupables soient désignés et condamnés au versement de dommages-intérêts aux survivants et descendants des familles. Pourtant, un procès n’est pas indispensable pour déclencher une telle indemnisation. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. En effet, les survivants et descendants de juifs américains déportés par trains entiers de la France vers les camps de la mort, pendant la Seconde Guerre Mondiale ont récemment obtenu un dédommagement à hauteur de 60 millions USD sans que cette somme n’ait été ordonnée par une juridiction. Cette indemnisation découlant de faits historiques incontestables constitue une jurisprudence. Au regard de ce précédent, les survivants et descendants de victimes malgaches des crimes commis par la France pendant l’ère coloniale devraient bénéficier d’une compensation financière. Une telle indemnisation, dont le montant ne peut être que symbolique, traduirait une forme de respect de la France envers les malgaches. Pourtant, la France n’y tient pas. L’organisation par Madagascar du Sommet de Francophonie ne répare pas le génocide colonial. Bien au contraire, elle accentue et glorifie la mainmise de l’ancienne puissance coloniale sur la Grande Ile.

Ranary et Fabrice

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