Sommet de la Francophonie: Y a-t-il un responsable dans le pays ?
Les pluies d'hier soir vont-elles faire taire les rumeurs sur les Chinois? On ne sait pas, en effet, si les fortes chaleurs de ces derniers temps ont fait divaguer nos compatriotes ou la campagne de dénigrement contre les fils de l'Empire du milieu est tellement efficace mais certains croient vraiment que "la pluie ne tomberait qu'après le sommet de la francophonie car les Chinois auraient fait "quelque chose" pour bloquer la pluie qui risquerait de ravager la route qu'ils ont construite".
A ces rumeurs sont venus s'ajouter ces derniers jours des bruits plus "terre à terre". Comme l'interdiction à la population de porter des sandales durant le sommet. Ou encore des mesures cache-misères comme le rafle des enfants de rue et des mendiants, l'interdiction de circuler aux charrettes et autres pousse-pousse.
Bref, des rumeurs et croyances aussi farfelues qu'impopulaires que le pouvoir en place laisse malheureusement courir. Personne vraiment personne parmi nos dirigeants n'ose se lever pour essayer de balayer ces rumeurs. Tellement le silence est assourdissant qu'on tend de plus en plus à croire que le gouvernement pensait vraiment prendre une série d'interdictions et de mesures pour cacher la misère dans notre pays.
Plus grave encore, le gouvernement fait tout pour éloigner le peuple de la francophonie. Combien de fois le comité d'organisation a-t-il tenu une conférence de presse pour rendre compte de l'état d’avancement de la préparation du sommet ? A défaut, on aurait pu diffuser des communiqués. Mais rien. Et on veut faire adhérer la population à un événement pour lequel on l'a tenu à l'écart.
A croire qu'il n'existe pas de comité d'organisation. On a déjà fait la même remarque lors du sommet du Comesa que l'on croyait être la répétition générale de celui de la Francophonie au niveau organisationnel . Mais aujourd'hui, même les gens de la presse ne connaissent pas ni les dates ni les horaires des réunions et autres festivités. On a cette mauvaise impression d'amateurisme.
Certes, c'est la première fois que Madagascar accueille un sommet d'une telle envergure. Mais l'absence d'expérience n'empêche nullement les responsables concernés d'assumer pleinement leurs tâches et surtout de laisser la population dans l'ignorance.
Les vendeurs de journaux par exemple craignent de se faire arrêter par les agents de la police municipale. Les vendeurs de journaux sont, en effet, considérés comme des vendeurs à la sauvette et donc interdits par la municipalité. Les responsables ont beau dire que assainissement ne concerne ceux qui vendent les journaux à même le sol ou sur des étals improvisés. Il n'empêche. La menace est telle qu'on pense irrémédiablement à de la censure détournée et un moyen de diminuer l’audience, voire de museler les médias, vu les mesures restrictives de la liberté d’expression et d’information déjà en vigueur. Etrange que ce risque ressurgit à la veille du sommet de la francophonie.
D. R.