Impacts du changement climatique: Les risques sont 2 fois plus pour les pauvres

Les pauvres ont 2 fois plus de risques de travailler dans des secteurs exposés aux phénomènes climatiques extrêmes, comme l’agriculture, selon une nouvelle étude de la Banque mondiale. Alors qu’à Marrakech au Maroc, la conférence des Nations unies sur le climat (COP22) se tient depuis le 7 et jusqu’au 18 novembre, la Banque vient de publier un nouveau rapport intitulé « Unbreakable : building the relisience of the poor in the face of natural disasters ». Ainsi, les pauvres risquent d’être les premières victimes des phénomènes climatiques extrêmes. Et c’est le cas à Madagascar, d’autant plus que l’avancée de l’urbanisation n’empêche pas encore le pays de compter une forte proportion de population active agricole, soit 75%. Et jusqu’à preuve du contraire, la pauvreté est toujours plus marquée en milieu rural que dans les villes. Le changement climatique et ses cohortes de problèmes environnementaux et socioéconomiques ne peuvent ainsi qu’appauvrir encore plus les ruraux. Et il n’y a pas que les problèmes susceptibles d’affecter leurs activités. En effet, les pauvres ont également 2 fois plus de risques de vivre dans des habitations fragiles situées dans des zones sujettes aux catastrophes naturelles. A Madagascar, seules 22,5% des habitations sont en brique, alors que 31,4% sont en écorce, en feuille et en tige, d’après la dernière Enquête périodique auprès des ménages (EPM 2010).

Et l’on sait que ce dernier type de maison se rencontre notamment sur les côtes, là où les cyclones passent. Il est donc très exposé à ce cataclysme dont l’intensité augmente avec le changement climatique. Il faut aussi signaler que les maisons en terre battue (34,5%) occupent une place importante. Or, il est rare que les techniques utilisées égalent celles d’antan. Autrement dit, ces murs ne sont plus très solides et peuvent s’écrouler sous le coup de pluies et vents violents, sans parler de l’inondation. Le pays ne met pourtant pas en œuvre une stratégie efficace, que ce soit pour soutenir les paysans et renforcer leur résilience, que pour la promotion de logements aux normes. Certes, les catastrophes sont inévitables mais d’après l’étude de la Banque mondiale, des actions peuvent être menées pour aider les pauvres à y mieux faire face. Elle cite le système d’alerte précoce pour sauver des vies, les services financiers pour soutenir la construction, des filets sociaux pour protéger les plus vulnérables, des digues, des bâtiments, des plans d’occupation des sols qui préservent l’environnement et les forêts. D’ailleurs, 1 dollar investi dans les activités de secours et de prévention génère 4 dollars supplémentaires à l’économie.

En Angola par exemple, les mesures citées plus haut permettent de chiffrer des gains estimés à 160 millions de dollars par an. Et en Ethiopie, les paysans frappés par la sécheresse et couverts par le programme des filets sociaux productifs ont subi des pertes inférieures de 25%. Madagascar ne devrait pas être en reste. Il devrait disposer de moyens pour aider les pauvres à mieux lutter contre l’impact du changement climatique. Ces ressources pourraient être tirées de la bonne gouvernance des entreprises publiques. Mais jusqu’ici, ces entreprises sont toujours en crise et subventionnées à coup de plusieurs centaines de milliards d’ariary, alors qu’elles ne servent qu’une minorité de la population.

Recueillis par Fanjanarivo

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