édito: Il n’est jamais trop tard !
Hery Rajaonarimampianina est complexé. Il est hanté par sa carrure de ministre des Finances de la Transition, de Grand Argentier du putschiste Andry Rajoelina et de sa clique. Aussi n’a-t-il pas hésité une seule seconde pour accepter la proposition du mouvement francophone d’accueillir le prochain sommet. Un double honneur pour celui qui avait des mauvaises fréquentations par le passé pas si lointain. D’abord une marque de reconnaissance de la part des 80 pays du mouvement francophone. Mais une marque de confiance également sur la capacité de Madagascar et de son président à réagir.
Le président Rajaonarimampianina n’avait pas à consulter l’Assemblée nationale pour cette décision. D’abord, il n’avait pas le temps et la possibilité de le faire. Ensuite, le jeu démocratique définit déjà les cas où le président de la République doit consulter le Parlement. En tout cas, on doit comprendre celui qui se voulait défaire de son habit du pestiféré hérité de la Transition. C’est humain.
Contre vents et marées et malgré les critiques, le président Rajaonarimampianina tient son « sommet ». Si tout se passe, la honte sera pour Madagascar et ses 24 millions d’habitants. Et c’est le problème de ce pays aujourd’hui.
Certes, le régime Rajaonarimampîanina a voulu faire seul le sommet. Mais n’est-ce pas le réflexe d’un complexé qui a d’ailleurs choisi comme style de gouvernement le repli sur soi alors que jamais dans l’histoire de Madagascar, un nouveau pouvoir n’a réuni autant de sollicitations, de collaboration. ?
L’amateurisme et les malversations ont par la suite isolé le régime. Et du coup, le peuple malgache se sent écarté de la francophonie. Le fossé est tellement grand qu’il est utopique d’espérer que le pouvoir tende la main au peuple et vice versa en cette veille de sommet. Et pourtant, il est impérieux que le sommet soit accueillie par une nation unie. Il y va de l’honneur de Madagascar. C’est en phase avec la culture malgache qui aura l’occasion de réserver son accueil légendaire aux 80 délégations étrangères.
Jamais, Madagascar n’a accueilli autant de monde. Et quoiqu’on dise, il y aura forcément des retombées, notamment sur l’image de Madagascar et partant son tourisme qui constitue pour le moment son vrai potentiel.
Bref, il est temps pour nous de se rapprocher pour être digne du sommet. Il ne s’agit pas de remettre en cause ce qu’a préparé le comité d’organisation. Il s’agit d’abord de faire taire les ambitions personnelles et de passer sous silence les rancoeurs. Ainsi ce n’est pas une façade que de se mobiliser ensemble pour le sommet. On se donne, en fait, une chose de se réconcilier grâce au sommet.
Ces quelques lignes se veulent ainsi un être appel solennel pour le rassemblement de la nation. Il n’est pas trop tard pour le faire. Au Comité de réconciliation nationale d’agir avec le comité des sages, les autorités religieuses …. Ils ont tout le week-end pour travailler pour le sommet qui pourrait bien servir de tremplin pour la concorde de Madagascar.
Salomon Ravelontsalama