Politique et francophonie: Le régime réclame une trêve

Les tenants du pouvoir parlent actuellement d’une même voix, et réclament une trêve pendant le sommet de la Francophonie, soit durant la semaine prochaine. La ministre des Affaires étrangères, Atallah Béatrice, fut la première à se manifester en tenant les propos suivants : « Nous devrions taire les querelles politiques, et ce, afin que ce sommet de la Francophonie soit une fierté pour Madagascar ». Le Premier ministre, Mahafaly Olivier, a renchéri de cette façon : « Je lance un appel à tous : même si nous n’avons pas les mêmes idées, cessons les hostilités politiques et installons une trêve le temps du sommet de la Francophonie. Faisons vivre une valeur bien malgache qui est l’hospitalité, et n’étalons pas nos linges sales devant les étrangers… ».

Il est vrai que des entités d’opposition affûtent déjà les armes en vue du sommet. Des « manifs » pourraient se tenir car le sommet est une gigantesque caisse de résonance qui va retentir aux quatre coins du monde. Les organisations politiques ne mettront probablement pas une croix sur leurs initiatives, pour les beaux yeux du régime et au nom de l’honneur national. Les premiers qui vont se mettre en avant sont ceux qui militent pour le retour des Iles Eparses. Comme la France refuse de les rétrocéder malgré les injonctions des Nations Unies, les militants de la restitution manifesteront devant François Hollande, pour rappeler à celui-ci ce point litigieux des relations franco-malgaches et l’inciter à en parler. Devant aussi les délégués des autres pays pour montrer aux Francophones le vrai visage de la France, et l’ « oppression coloniale » qu’elle inflige à un autre pays de la Francophonie.

Il y a ensuite ces organisations qui pensent que le sommet n’aurait pas dû se tenir à Madagascar en raison de la misère de la population. Jusqu’au début de cette semaine d’ailleurs, certaines ont réclamé sa délocalisation. Ces organisations ne manqueront de mettre en évidence le sacrifice consenti par l’île pour recevoir le sommet, et le coût que celui-ci impose à un pays qui compte parmi « les plus pauvres les plus endettés ». Beaucoup pensent d’ailleurs que les seuls qui tirent un bénéfice du sommet, ce sont les tenants du pouvoir qui étoffent leur gloriole et qui réalisent un coup électoral en vue de 2018. Notons que des groupes qui réclament la repentance de la France et des indemnisations sur la répression de l’insurrection de 1947 pourraient aussi donner signe de vie…

Citons enfin les entités qui dénoncent les tendances répressives du régime et son glissement vers la dictature. Effectivement, les manifs et rassemblements d’opposition, mêmes pacifiques, sont systématiquement interdits par le régime au mépris des dispositions de la Constitution. Et au mépris aussi des valeurs de la Francophonie sur la démocratie, les libertés et les droits de l’homme. Si des manifs se tiennent pendant le sommet, et si elles sont encore une fois dispersées de façon musclée, cela va montrer à la face du monde la vraie nature du régime.

Bref, plutôt que de rester immobiles, des groupements vont verser dans l’activisme afin que les choses changent après le sommet. En effet, une réprimande de la Francophonie sur la répression des manifs pacifiques pourrait inciter le régime à changer d’attitude. Car si les gens versent des larmes ici, c’est à cause de la misère, mais aussi des… lacrymogènes.

Adelson RAZAFY

Commentaires   

0 #1 Balita 21-11-2016 14:19
Il faudrait cesser de critiquer juste pour critiquer. Après l'épave qu'a légué le triste sire de Déba, il faut encore des décennies pour relever le pays.

Quelles sont vos propositions??? CONCRÈTEMENT....

PARTICIPEZ AU REDÉMARRAGE DU PAYS, CA FAIT TROP TOQUARD DE TOUJOURS S'OBSTINER A TIRER SUR L'AMBULANCE
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