le poing: Il faut que le président se réveille !
S’il n’y avait pas ce sommet de la Francophonie, que serions-nous devenus ?Va-t-il pimenter un peu notre existence ? Toute l’année a été fade, sans relief… De toute façon, même sans cette rencontre internationale, Madagascar reste morne : la population est d’ailleurs loin d’adhérer à cette manifestation politico-culturelle. Très peu de Malgaches savant les tenants et aboutissants d’un sommet, qualifié d’emblée de budgétivore. Pourtant, même le président vietnamien sera au rendez-vous. Quoi de plus normal, car depuis le temps où les Tananariviens devaient supporter le buste imposant et inutile d’Ho-chi-Mine à Ampefiloha, la présence du chef d’Etat vietnamien au sommet de la Francophonie semble, donc, se justifier. En tout cas, il n’y aura ni un avant ni un après le sommet.
Tous les sommets du monde peuvent se tenir ici, sans que cela change notre quotidien. D’ailleurs, le président donne l’exemple, en ne faisant presque rien dans la journée. Plus grave, l’homme est tellement transparent qu’on a peu de chance de l’apercevoir, en chair et en os, dans son bureau, pourtant il est là, croit-on savoir. Idem, pour ses ministres, à l’exception, peut-être, de deux ou trois d’entre eux. Hier, cependant, Rajaonarimampianina a fait un effort considérable, en allant lui-même inaugurer une petite portion de route… de la Francophonie, à Andohatapenaka. Dans tous les cas, les Francophones de la planète apprécieront ce geste présidentiel.
A propos de la présence ou non de François Hollande, à l’occasion du sommet en question, certains de ses conseillers lui suggèrent de passer la nuit dans une des îles éparses et de retourner à Antananarivo, pour la cérémonie de clôture… Pour Paris, c’est joindre l’utile et l’agréable !
Toutefois, notre chef d’Etat ne rate jamais un voyage (familial) officiel à l’étranger. C’est là un moyen de dire à la presse, au peuple malgaches : loin des yeux, loin du cœur ! Dans ses périples européens, on est plutôt informés des frasques, des achats de Madame… Du président, jamais de communiqués : pas de nouvelles, bonne nouvelle !
Comment faire sortir alors de sa torpeur le président et son équipe, en particulier, la population qui serait atteinte par une certaine maladie du sommeil. Le plus dur est secouer Rajaonarimampianina, de lui faire comprendre qu’il est à la tête d’un pays, mais pas sur un lit…
Franck Raharison
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