Eau potable : recul de 26% de la production de la Jirama
Sur les 8 premiers mois de cette année, la production d’eau traitée par la Jirama a été de 73 213 000 m3, contre 99 035 000 m3 l’année dernière sur la même période. Ainsi, une régression d’un peu plus de -26% est constatée. Ces chiffres de la Jirama publiés dans le dernier Tableau de bord économique (TBE) de l’Institut national de la statistique (INSTAT) sont un des révélateurs de la crise que cette entreprise traverse depuis des lustres. Or, plus de la moitié de la population (57%) n’ont pas encore accès à l’eau potable avec tout ce que cela implique en importants problèmes socioéconomiques. Le ministère de l’Eau mise sur un taux d’accès de 67% d’ici 2019, soit dans 2 ans seulement. Un tel objectif est-il réaliste quand on se penche sur l’évolution de la production d’eau traitée par la Jirama ? Cette société n’est pas la seule à œuvrer dans le secteur de l’eau potable. Mais elle y a sa place, notamment dans les grandes et moyennes localités. La crise qu’elle connaît met toutefois un frein à l’essor du secteur de l’eau potable. Les chiffres évoqués plus haut sont parlants. Mais il faut aussi souligner que la consommation des ménages en eau traitée par la Jirama a beaucoup régressé (-44%) de janvier à août 2016. La faiblesse de plus en plus accentuée du pouvoir d’achat joue ainsi un rôle dans le recul de la production de la Jirama. La consommation domestique n’est pas, en effet, la seule concernée par la baisse. Celle des bornes-fontaines l’est aussi avec un recul de -46,3%.
En revanche, les gros consommateurs ont enregistré une hausse de leur consommation en eau en affichant une progression de +176,6% sur les 8 premiers mois, contre près de +127% pour les collectivités et l’administration. Malgré tout, ces entités publiques ne consomment pas beaucoup avec 7 445 000 m3 si les gros consommateurs affichent un volume de 16 695 000 m3. Ce chiffre est proche de la consommation domestique (16 704 000 m3). Cela signifie que les ménages qui ont l’eau courante chez eux consomment plus que les industries. Autrement dit, l’industrialisation du pays est encore un objectif éloigné. Concernant les prix moyens affichés par la Jirama, ils ont connu une baisse sur les périodes étudiées : ils sont passés de 821 Ar/m3 de janvier à août 2015 à 846 Ar/m3 sur les 8 premiers mois de cette année, soit une baisse de -3%. Des techniciens de la Jirama avancent toutefois que ce soit pour l’électricité ou pour l’eau, cette société affiche toujours des pertes à la vente. Ils expliquent que le traitement requiert des produits et de l’électricité, alors que celle-ci est toujours vendue à perte par la Jirama. Les pertes issues de la vente d’eau et d’électricité sont loin d’être résorbées par la dernière hausse des tarifs.
D’ailleurs, cette hausse n’est pas la solution miracle pour sortir la Jirama de sa sempiternelle crise à la fois structurelle, de gestion, et surtout provenant du manque de vision de l’Etat unique actionnaire. Ce dernier se contente de subventionner la Jirama. Dans le projet de loi de finances 2017, il est question de démarrer l’année prochaine le projet de revitalisation de la Jirama financé par la Banque mondiale. Concocté depuis assez longtemps déjà, il est donc prévu voir le jour. Mais il faudra attendre pour voir.
Fanjanarivo