CHRONIQUE de N. Razafilahy: La Francophonie, le mal et le gâchis attitude

Observatoire de la vie publique à Madagascar, selon Jean-Michel Dewailly, SeFaFi «se démarquant d'une société civile prisonnière du consensus et de la sacralisation du pouvoir, le SeFaFi ne se contente pas de réagir à l'événement ; il observe, analyse, interpelle si nécessaire, et fait part de ses recommandations dès lors que la démocratie et l'Etat de droit lui semblent être menacés.» Dommage, au lieu d’être une source d’inspiration pour la recherche, les choix et les attitudes du mal gouvernance qui ont entraîné jusqu’ici de terribles gâchis, il est traité de  haut, voire même méprisé et accusé d’être un empêcheur de piller en rond. 

Il ne peut s’attendre à ce que le régime lui prodigue des félicitations lorsqu’ on ose constater «à quelques semaines du sommet de la Francophonie à Antananarivo, le scepticisme est général. Occupées à prétendre que tout va bien… » Alors que dans un pays est au bord d’un trouble fratricide à cause de la négligence cynique, de l’aveuglement administratif et des errements judiciaires des barons du pouvoir, l’appauvrissement de la masse devient chaque jour plus alarmante et plus flagrante. Il est donc normal qu’à propos d’un évènement de portée internationale comme la tenue du XVIème Sommet de la Francophonie à Antananarivo, pour les observateurs de la Rue Rajakoba Augustin à Ankadivato « une question plus profonde se pose : qu’avons-nous obtenu en contrepartie ? Quel est le rôle joué par la francophonie dans notre pays ? Une introspection s’impose, pour saisir le contexte dans lequel nous évoluons, et pour prendre de bonnes décisions pour le futur. » En faisant abstraction de toutes formes de xénophobie et de nationalisme étriqué obtus, nous sommes tous bien obligés de reconnaître et d’admettre avec cette source pertinente qu’ « Il fut question, un moment donné, de créer un « malgache commun » qui reprenne des éléments aux différents dialectes, mais la tentative tourna court : le scepticisme des linguistes se vit conforté par un désintérêt massif des populations concernées. L’impasse reste totale. En attendant, la langue malgache dépérit, lentement mais sûrement, et la récente disparition de trois de ses illustres défenseurs, Henri Rahaingoson, Juliette Ratsimandrava et Rajaona Andriamananjara, n’est pas pour améliorer les choses. » Le mouvement novateur de la fin des années 70 était certes de nature à installer une dimension pédagogique au sein de l’Education en général, hélas la précipitation et le fanatisme qu’il n’avait pas pu maîtriser n’a fait que provoquer un effet pervers. Et Sefafi de confirmer dans son communiqué « Si le projet était louable et a favorisé la démocratisation de l’enseignement, sa mise en œuvre s’avéra désastreuse. Car les efforts déployés pour définir la forme du malgache à employer, pour élaborer les outils pédagogiques, pour forger un vocabulaire nouveau (scientifique, technique et autre), ou pour former les enseignants, sont restés insuffisants. Sympathisant de ces réformes, le Père Rémy Ralibera avouera plus tard : « Pour moi, ce fut une sorte de génocide culturel ». Si bien que depuis le bâclage de cette malheureuse expérience mal préparée, la prolifération des écoles d’expression française n’a jamais été aussi prospère florissante. C’est pour vous dire que, quoi qu’en dise les détracteurs hypocrites, et pourtant de formation et culture favorable à la langue de Voltaire, qu’ils doivent  logiquement admettre «Dans le monde contemporain, il est impossible, voire suicidaire, de rester emmuré dans sa propre langue et dans sa propre culture. Il lui faut donc impérativement une ou même plusieurs langues de communication internationale. (…) C’est précisément à quoi devrait servir le prochain sommet de la francophonie. Mais où en sommes-nous, aujourd’hui ? 1,5 million de Malgaches, soit 6 % de la population, maîtriseraient le français, à l’oral comme à l’écrit (...)»

Pour parodier  le Premier ministre  Manuel Valls qui, dans une de ses petites phrases avait dit «la culture, c’est un moteur économique pour notre pays, pour son rayonnement, grâce à notre langue, la francophonie  pour son attractivité », n’ayons pas peur d’affirmer haut et  fort, nous aussi que «l’offre culturelle ne peut être dans les mains exclusives » des grandes puissances. C’est là une attitude qui nous oblige à tout revoir surtout dans notre héritage culturel en général et dans ce civisme patriotique en particulier, ce moteur d’un développement qui se veut axé vers «le bien commun du pays et de ses habitants ». Il ne s’agit pas ici de vœux pieux ou de harangues stériles, mais de véritables exigences qui devront conduire vers une véritable refondation de toutes les pratiques étatiques. Pour les dirigeants surtout (l’exemple doit venir  d’en haut), les premiers pas consistent à se débarrasser d’abord ce mal dicté par le gâchis-attitude, soumis aux influences nocives de la corruption,  propre aux hommes  de paille et aux valets des puissances financières locales  et étrangères. Pour ce faire, il y a lieu pour eux de faire en sorte que le désordre, l’anarchie et la défection étatique soient durement sanctionnées. Pour que la production hors  contrôle de toutes nos  richesses économiques en général, halieutiques,  naturelles et minières prenne fin définitivement. Comment continuer à accepter ce risible 1% d’aumône que les grandes mines daignent à peine verser au Trésor Public ? Dans un article paru mercredi 25 février 2015, Léa Ratsiazo signale que « 2 tonnes par an d’or sortent illicitement de Madagascar ». Faut-il encore et toujours se résigner à demeurer dans la paupérisation de toute une nation, alors   que selon les données officielles des organismes internationaux, une masse de « pas moins 10 tonnes d’or quitte » en fraude le territoire de la République  de Madagascar,  dixit  Rolland Razafindramanitra de FEDMINES. Avec la bénédiction tacite de tous les pourris complices d’un pillage en sourdine ? Faites le calcul  avec 15 dollars sur le marché international ou 120.000 Ariary le gramme sur le plan local. Pauvres Madagascarais, (avec le mal, le gâchis) vous ne savez pas ce que vous perdez…

Syndicalistes réveillez-vous, bandes de feignants ! Mobilisez la masse de tous les travailleurs pour que le monde entier les voie lever le poing à partir d’aujourd’hui, pour demander beaucoup plus de justice sociale, des meilleurs salaires et plus de respect des droits  de l’Homme et des femmes méprisées dans les  zones franches. Les participants au sommet  fidèle à la devise  « Liberté, Égalité, Fraternité » seront témoins.

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