Regards croisés: Le gouvernement malgache aurait-il perdu le cap !... de la Francophonie ?

Regards croisés n’a qu’une seule et modeste ambition : recouper les déclarations des hommes d’état et des gouvernements dans le cadre de la préparation du XVIème  Sommet de la Francophonie aux fins d’éclairer la réflexion de tous les citoyens lambda qui partagent  une communauté de destin dans le dispositif institutionnel organisant les relations entre les pays francophones.

En rappel des ambitions et des actions de la Francophonie, en matière de Paix, Démocratie et Droit de l’homme, le malgache lambda est à même d’espérer que le Chef de l’Etat de la République malgache saisirait l’opportunité de ce XVIème Sommet et de la présence exceptionnelle du chef de l’Etat de la République française pour évoquer les « dossiers brûlants » qui entachent les relations d’amitié entre ces deux Nations « amies » depuis des lustres , ceci dans l’espoir de lever toute ambiguïté des relations bilatérales futures. Ces actions portent sur la :

- Contribution  au renforcement de la gouvernance démocratique, des droits de l’Homme, de l’État de droit et du rôle de la société civile par l’accompagnement de l’OIF des pays qui le souhaitent pour maintenir, voire créer, les conditions d’un environnement politique stable et inclusif.

- Contribution à la prévention et à la gestion des conflits, à l’accompagnement des transitions et à la consolidation de la paix.

Regards Croisés, par ailleurs,  reprend ici « la Déclaration» de clôture  à l’intention des chefs d’Etats et de gouvernement et le thème adopté pour ce 26 et 27 novembre 2016  après trois jours de discussions intenses : « croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone » , « Déclaration » renforcée et relayée par  la prise de parole du Président de la Conférence des OING, monsieur Ferrari Roger : « la société civile francophone est forte de son expérience, des analyses qu’elle produit sur la situation des pays. Sachons construire ce nouveau partenariat qui naitra de la réflexion sur les relations entre l’OIF et la société civile pour être encore plus efficace dans la Francophonie » et de l’Administrateur de l’OIF, monsieur Ouane Adama :

« Nous savons que l’esprit et l’élan de cette Conférence inclusive se retrouveront dans la nouvelle gouvernance de la société civile francophone » qui rajoute

« nous souhaitons un accompagnement plus présent, une réactivité plus grande et des mécanismes de participation plus constants et efficaces dans ce partenariat à renforcer dans les mois qui viennent » ; mais également, « la démocratie, les droits de l’Homme, l’État de droit et la Justice sont au cœur des valeurs défendues par la Francophonie. Depuis les années 1990, les pays francophones ont tenté de renforcer ces acquis et se sont, pour la plupart, engagés dans des processus de transition démocratique, en particulier en Afrique, en Asie, en Europe centrale et orientale, ainsi que dans les Caraïbes. »

A lire et à entendre, le Ministre des Affaires étrangères de la République de Madagascar, madame  Béatrice Attalah, qui a insisté sur le rôle essentiel de la jeunesse dans l’espace francophone : « la jeunesse peut désormais compter sur le soutien et surtout l’engagement des différentes organisations non gouvernementales et aussi celles issues de la société civile pour que son avenir soit fait de choix, le choix d’avoir un avenir brillant, le choix d’avoir un avenir décent et au service de la société, celui d’incarner l’avenir même »…, la jeunesse malgache, le peuple malgache ont pu espérer ou vivre l’illusion que son devenir, son intégrité territoriale, son intégrité d’homme libre ont été portés haut et fort par « ses » représentants élus pour que les valeurs  partagées par tous les nationaux malgaches soient enfin entendues par la Nation Initiatrice de cette ambitieuse quête : Paix, Démocratie et Droit de l’homme, la France qui se veut être le chantre du Droit de l’homme.

Mais hélas, il semblerait que les déclarations tonitruantes sonnent creux et ne trouvent écho qu’auprès de ceux qui ont appris à surfer en haut de la vague. Et il semblerait que les « politiques » qui se sont succédés à Madagascar ont appris à utiliser les mots mais non jamais trouvé le ton pour convaincre et défendre les intérêts du pays, du peuple, qui, encore une fois, va être le dindon de la farce et va se faire «grugé». Ramasser des coquilles vides sur la plage pour les vendre à des touristes «compatissants» et avides d’exotisme déversés par milliers sur des vols low-cost ou promotionnels, tel est l’avenir « brillant » réservé aux habitants de « cette île du paradis » ;mais…Paradis pour qui ?

Mais hélas, dans l’espace-temps de vingt jours, le discours a changé. Nous pouvons lire dans la Gazette de la Grande Ile du samedi 19 novembre les propos de la ministre des Affaires étrangères, madame Atallah Béatrice : « Nous devrions taire les querelles politiques, et ce, afin que ce sommet de la Francophonie soit une fierté pour Madagascar » propos conforté par la déclaration du Premier ministre, monsieur Mahafaly Olivier, : « Je lance un appel à tous : même si nous n’avons pas les mêmes idées, cessons les hostilités politiques et installons une trêve le temps du sommet de la Francophonie. Faisons vivre une valeur bien malgache qui est l’hospitalité, et n’étalons pas nos linges sales devant les étrangers… ». Regards croisés interroge  nos responsables politiques sur le sens des paroles de la chanson de la  Francophonie « …nous sommes tous des enfants du monde, de pays différents mais nos mots et nos chants jouent à la même ronde … » Encore une fois devons- nous seulement ânonner une leçon bien apprise sans avoir saisi le sens ? L’hospitalité, valeur bien malgache, prend son sens quand l’Hôte et l’Invité manifestent le respect réciproque. Dans « le respect », présentez sur la table les deux questions  qui lacèrent lesrelations des deux pays «amis »; à savoir  les Iles Eparses et les indemnisations sur la répression de l’insurrection de 1947 pour qu’ensemble « Nous » retrouverons  la boussole du Droit de l’homme,  le Droit de vivre en harmonie. Dans ce contexte, les hôtes malgaches retrouveront sans effort la fierté d’accueillir le XVIème  Sommet de la Francophonie.

Nancy Razanatseheno

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