Budget pour la jeunesse: Seulement 0,4% du budget public
De 1 400 Ar par jeune par an en 2016, le budget pour les jeunes devrait passer à 1 840 Ar en 2017. En effet, si les jeunes représentent dans les 60% de la population estimée à 25 millions d’habitants, le budget que l’exécutif envisage de leur allouer sera un peu plus de 27,6 milliards Ar l’année prochaine. Le ministère de la Jeunesse et des Sports ne devra donc s’adjuger que de 0,4% du budget total, contre 0,2% cette année. En revanche, la présidence de la république sera créditée de 1,6% du budget en 2017 pour un montant de 105,3 milliards Ar, contre 1,4% ou 97,9 milliards Ar en 2016. Les deux secteurs connaissent une hausse du budget de 0,2% d’une année à l’autre. Sauf que pour la jeunesse, le montant correspondant est nettement inférieur à celui de la présidence de la république. Pire, celle-ci s’octroiera un confortable budget d’investissement de près de 45 milliards Ar l’année prochaine. C’est près de 5 fois le budget d’investissement à consacrer à la jeunesse et aux sports (9,3 milliards Ar) ! Selon la logique du gouvernement donc, la présidence de la république incluant le président Hery Rajaonarimampianina et ses collaborateurs a une importance budgétaire indiscutable face aux 15 millions de jeunes que compte le pays.
Le président de la république et les hauts responsables du pays ne cessent toutefois de rebattre les oreilles des citoyens sur la grande place de la jeunesse dans le développement du pays. Mais si l’on jette un coup d’œil sur les chiffres ci-dessus, ces discours sonnent creux. Ils frisent la démagogie. Reste à savoir si les parlementaires vont examiner de près la situation de la jeunesse malagasy. Il n’y a pourtant qu’à jeter un coup d’œil sur des domaines comme la montée de l’insécurité. Elle implique certes des responsables corrompus, notamment dans les réseaux mafieux autour des vols de bovidés et des grands actes de banditisme, mais ces gens-là ne peuvent s’adonner à leurs magouilles sans leurs bras armés. Il s’agit de jeunes appâtés par l’argent facile étant donné que 3/4 d’entre eux sont pauvres, d’après les données onusiennes. En face, l’Etat n’imagine guère un système pour aider le maximum de jeunes à se former et à créer leurs propres entreprises. Aucune structure n’est dédiée à la promotion de l’entrepreneuriat. Cependant, des jeunes sortent du lot. Citons le garçon de 22 ans gagnant du prestigieux prix de l’entrepreneuriat de la jeunesse en Afrique ou Azinsha prize 2016. Des jeunes exportent aussi leur savoir-faire dans des secteurs comme les TIC…
Mais la plupart du temps, il s’agit de cas isolés. Les jeunes manquent cruellement de soutien, notamment de la part de l’Etat. Le très maigre budget que ce dernier leur alloue, en témoigne. Il ne connaîtra qu’une toute petite hausse de 440 Ar/jeune/an en 2017. Que peut-on faire avec ce montant dérisoire ? C’est le prix du ticket de taxi-be. Et il ne vaut rien si l’on veut parler d’entrepreneuriat. Il faut disposer de plus de 10 000 fois ce montant pour créer une entreprise individuelle ! En effet, l’Institut national de la statistique (INSTAT) remarque que les opérateurs ayant créé ce type d’entreprise y ont injecté 4 691 000 Ar en moyenne. Le pays ne compte pas pourtant une banque de développement pour aider les jeunes porteurs de projets. A ce rythme, les jeunes vont toujours constituer un boulet pour le pays alors qu’ils devraient former un levier pour le développement.
Fanjanarivo
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