SENTINELLE: Pour une trêve politique lors de francophonie
«Aléa jacta est » le sort en est jeté. Envers et contre tous, l’assemblée de la Francophonie va se tenir à Madagascar. Il est alors temps de se ranger derrière nos gouvernants pour que cette grande réunion soit une réussite sur tous les plans. J’avoue avoir sensibilisé le premier l’opinion publique, par ma rubrique du 23 février 2016 intitulée « Par la francophonie, le djihadisme est aux portes de Madagascar », et j’espère de tout mon cœur avoir tort dans mes assertions apocalyptiques. Par contre, je ne regrette en rien le fait d’avoir tiré la sonnette d’alarme sur ce fait, car en tant que bon joueur de jeu d’échecs, j’essaie de prévoir d’avance les coups de l’adversaire. Comme un homme averti en vaut deux cela ne peut être que pour le mieux.
Dans mon concept de la démocratie qui n’est pas donné à tout le monde, les amis et même la famille peuvent avoir des avis différents sur un sujet. Ce qui est tout à fait normal pour faire un monde. Mais cette opposition d’idées ne doit pas aboutir à la haine. Effectivement, comment serait le monde si chaque fois que les avis divergent on va rompre des liens d’amitiés ou familiaux de longues dates ? Justement par les temps actuels, les modes de raisonnement ont des tendances extrémistes que toute personne cultivée un tant soit peu, doit éviter de l’être et ce dans tous les domaines. La démocratie est soucieuse d’alternance où le respect de l’autre est prépondérant. Ce respect dans l’acceptation de l’existence d’une autre vérité, doit être traduit en moteur de la nation malgache qui se cherche une place dans le concert des nations. Par contre, une démocratie dans le vrai sens du terme doit aussi autoriser, considérer et accepter les doléances d’un peuple aux abois. Nos problèmes actuels résident sur le fait que la réussite de l’organisation de la francophonie est passée avant toutes les urgences sociétales vitales des malgaches. Une moralisation des interventions publiques est demandée sinon exigée pour une bonne gouvernance. Toutefois, dans le respect de notre culture dans l’accueil de nos hôtes, il est maintenant de bon ton de nous aligner du côté de nos gouvernants et ce pour quelques jours.
Cette trêve doit nous permettre de capitaliser cette grande réunion de la zone francophone dans tous les domaines. Les malgaches doivent maintenant saisir cette opportunité pour servir au mieux les intérêts de Madagascar. On a toujours dit que le monde est un éternel recommencement et pour un devoir de mémoire, je dois rappeler que les évangélistes européens qui étaient venus en Afrique avaient la bible avec eux et nous les terres. Des décennies après, ils avaient les terres et nous la bible. Après maintes révolutions sociales où l’on a repris nos terres, l’histoire est en train de se réécrire car d’autres puissances nous octroient leurs aides pour le développement moyennant nos richesses terrestres. Et les aides vont venir tandis que nous africains allons encore une fois, perdre le sol cher à nos ancêtres.
Le peuple sera à l’affût de ces trocs désavantageux qui engagent le pays pour des dizaines d’années à venir. Si un deal d’une importance capitale pareille est envisagé par le pouvoir en place, cela doit passer par un vote dans la région d’implantation, qui sera financé par le pays demandeur. Par le truchement de nos représentants de la chambre basse, des obligations de résultats avantageux pour Madagascar doivent être demandées à chaque ministère ou autres durant ce sommet. Cela doit être fait pour éviter que la partie malgache ne se comporte uniquement comme des organisateurs et observateurs d’un monde qui bouge (omby mijery flora).
Max Randriantefy