Inauguration à Andohatapenaka: Autosatisfaction pathétique du régime
Vendredi dernier, lors de l’inauguration à Andohatapenaka, de la route de 4,7 kilomètres bâtie par la société chinoise China Road and Bridge Corporation, Hery Rajaonarimampianina a eu les mots suivants : « Quand le Chef de l’Etat lance un pari, il le réalise ». Désespérément avide de flatteries et en quête d’admiration, Hery Rajaonarimampianina doit se sentir bien seul pour se mettre à parler de lui à la troisième personne du singulier. C’est un mauvais signe. Il est conscient d’avoir failli à ses engagements. Il ressent la nécessité de s’auto-congratuler car les applaudissements et les hourras de ses zélateurs ne retentissent pas assez forts. « Quand le Chef de l’Etat lance un pari, il le réalise »…à moitié, avec beaucoup de retard et après trop de promesses évaporées, serait-on tenter d’ajouter. Qui voulait-il convaincre, à part lui-même, avec ses propos ? Tout le monde sait qu’il a perdu les paris de vaincre les délestages, le chômage, l’insécurité, l’inflation et la corruption. Le Chef de l’Etat a fait construire la route d’Andohapatenaka, après bientôt trois années de mandat. Quelle bien maigre réalisation, au regard de ses engagements de campagne ! Ses prédécesseurs ont fait bien mieux que lui sur une même période. Pendant ce temps, la population continue à mâcher du vide. A Andohatapenaka, Hery Rajaonarimampianina a eu besoin d’inaugurer cette portion de route pour masquer l’inachèvement du Village de la Francophonie, symbole de l’échec de ce régime. Il a eu également besoin de se mesurer à Andry Rajoelina qui avait réussi l’exploit de construire un hôpital et un stade à Andohatapenaka, malgré le gel des financements extérieurs. Décidemment, Hery Rajaonarimampianina va finir son mandat comme il l’a commencé, c’est-à-dire dans un esprit revanchard et peu constructif. Avec sa déclaration, « quand le Chef de l’Etat lance un pari, il le réalise », Hery Rajaonarimampianina part à la reconquête des cœurs désabusés et de son électorat perdu, mais il peine à convaincre car le bilan de l’expert-comptable est mauvais.
Phil de Fer