1896-1960: Pour une indemnisation de Madagascar par la France (85ème partie)

La France a récemment versé plus de 60 millions USD, à titre d’indemnisation, aux survivants juifs de la déportation nazie effectuée par les trains de la Société Nationale de Chemins de Fer pendant la Seconde Guerre Mondiale. La France a souligné le caractère indirect de sa responsabilité en rappelant que les trains de la SCNF utilisés pour la déportation avaient été réquisitionnés de force par les nazis. Chaque survivant juif a perçu la somme symbolique de 10.000 USD. Pourtant, la France refuse d’octroyer la moindre somme aux familles des 95 malgaches, fusillés par des militaires français le 5 mai 1947 à Moramanga, alors qu’ils étaient enfermés dans trois wagons plombés. Les 71 survivants de ce massacre sordide ont été exécutés trois jours plus tard, sans procès ni condamnations préalables. Les officiers et soldats français coupables de ces crimes n’ont jamais été inquiétés tandis que les familles malgaches des victimes n’ont jamais été indemnisées. La discrimination dont la France fait preuve à l’égard des juifs et des malgaches est choquante. Cette discrimination est une forme de violence néocoloniale qui rend encore plus amère les souvenirs de la violence coloniale. Les contraintes supportées au quotidien par les malgaches aujourd’hui dans le cadre du Sommet de la Francophonie participent au prolongement de cette violence néocoloniale. La glorification de la Francophonie par nos dirigeants est critiquable car non seulement elle rouvre les plaies du passé, mais elle permet au régime de reléguer au second rang les priorités actuelles de la population malgache.                                     

  Ranary et Fabrice

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