Mohammed VI : contraint de... marcher

Rencontre fortuite et surtout surprenante, hier vers 15 heures à Isoraka, pour les passants qui longeaient l’ex-rue Benyowski (entre l’ancien siège de Tvm à Antaninarenina et le mausolée de Rainiharo à Isotry). En effet, la circulation automobile y ayant été durablement immobilisée,  Mohammed VI, roi du Maroc, est sorti de son véhicule et a continué son déplacement à pied. Une manière plutôt originale de se soustraire à un embouteillage pour une personnalité de ce rang. Accompagné d’une demi-dizaine de gardes du corps, le souverain chérifien n’était plus vêtu de la traditionnelle djellaba rayée, mais était habillé à l’européenne : veston, pantalon effilé du type « slim » et bottines à talon du genre « santiag ». Avec ce look plutôt jeune et même très tendance, le monarque ne fut pas toujours reconnu et beaucoup l’ont croisé sans se rendre compte de leur bonne fortune. Certains, plus physionomistes, ont deviné ce qui se cachait sous ce touriste « incognito ». Ainsi, attablés à la terrasse du restaurant Le Rossini, Franck Legrand et Lôla Rasoamaharo ne furent pas dupes et ont tout de suite identifié le flâneur. Connaissant les usages du monde, ils l’ont interpellé avec un sonore « Bonjour votre altesse », tout en agitant largement les bras. A quoi le roi a répondu poliment avec un sourire et un geste du bras plus modéré. Puis le monarque a poursuivi sa promenade avec un plaisir visible, car curieux de tout, il observait le contenu des vitrines, la mise des passants ou même l’état de la chaussée. En tout cas, on ne sait d’où le roi venait et où il se rendait. Considéré dans son pays comme un souverain « proche du peuple », Mohammed VI l’a prouvé le lendemain de son arrivée dans l’île en faisant le tour d’Analakely, dans le centre-ville, serrant la main des marchands et prenant connaissance de leurs articles.

En tout cas, malgré les mesures prises par le régime pour éradiquer les embouteillages au moment du sommet de la Francophonie, le plus illustre de nos hôtes a été victime des embarras de la circulation. Hier d’ailleurs, on a constaté que la nouvelle voie d’Andohatapenaka a aussi été le théâtre d’un embouteillage monstre. Quand on sait que cette route a été construite en vue du sommet pour résorber les embouteillages… De tous les couacs relevés jusqu’ici, alors que le sommet proprement dit n’a pas encore commencé, on peut dire que le régime s’est préparé avec beaucoup d’imprévoyance et de légèreté.                                   A.R

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