1896-1960 : pour une indemnisation de Madagascar par la France (86ème partie)
Le renouvellement et la mise à jour les accords de coopération du 4 juin 1973 en faveur des intérêts de la France seraient-ils les contreparties à l’organisation du Sommet de la Francophonie à Madagascar ? On peut le craindre. Pour rappel, ces accords de 1973 comprennent l'accord général entre la République Malgache et la République Française ainsi que les conventions et documents annexes concernant l’assistance technique, les affaires militaires, les domaines, les affaires judiciaires, les affaires culturelles et les postes et télécommunications. Pour certains observateurs malgaches, il est nécessaire d’élargir le champ de ces accords devenus obsolètes. Pour d’autres, il faut rompre purement et simplement ces accords en raison des velléités néocoloniales de la France qui sont évidentes à travers chaque Sommet de la Francophonie. Pour d’autres encore, le renouvellement et la mise à jour des accords de 1973 nécessitent au moins deux conditions préalables non négociables, à savoir, la restitution des Iles Eparses à Madagascar et l’indemnisation de Madagascar par la France en raison des crimes coloniaux. Concernant le premier point, les autorités malgaches s’opposent, au moins autant que l’Etat français, à toute discussion ouverte. Lors de son allocution durant le Sommet de la Francophonie, François Hollande osera t-il clamer haut et fort que les Iles Eparses appartiennent à la France pour confirmer l’affirmation insultante de l’ambassadrice de France à Madagascar ? Le second point n’a que peu de chances d’aboutir tant la France a une peur bleue d’être confrontée à son histoire coloniale et d’en assumer les conséquences. Pour la France contemporaine, il n’est pas question de réparer les crimes coloniaux, tout simplement parce que la vie des malgaches n’a aucune valeur. Ceci étant dit, les relations entre Madagascar et la France ne pourront pas connaître un nouveau départ tant que le sang versé des patriotes malgaches n’aura pas fait l’objet d’une réparation pécuniaire par la France et tant que les Iles Eparses n’auront pas été restituées à la Grande Ile. Le Sommet de la Francophonie ne saurait constituer une forme de dédommagement aux graves préjudices passés et présents subis par la population malgache. C’est tout au plus une manière subtile de mettre de nouvelles chaînes aux chevilles des malgaches. Ranary et Fabrice