CHRONIQUE DE N RAZAFILAHY: Coopération internationale : côté Cour Royale et côté jardin
On se calme !…Quoi qu’on dise, le déroulement de ce énième sommet de la Francophonie sur le sol de notre pays n’a pas apporté que des soucis. Si l’on en juge par les impacts collatéraux qui, il faut le reconnaître avaient provoqué un véritable boom économique momentané mais salutaire dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des organisations des transports pour V.I.P, l’artisanat et dans d’autres filières qui, visiblement avaient bénéficié des retombées de ces prestigieuses et honorables présences de personnalités de premier plan accompagnés d’une délégation lourde. Et Mamy Rajaobelina, délégué général à la présidence de la République malgache de confirmer haut et fort dans un entretien avec Marie Verdier de LA CROIX de Paris que « le thème : la Croissance partagée et le Développement responsable, constitue une immense opportunité pour Madagascar de sortir de son insularité, de rencontrer tous ces pays avec lesquels nous n’avons pas l’habitude de converser et de commercer ».
En général, pour une société où « les seuls investissements publics d’envergure concernent le Sommet de la francophonie et sont concentrés dans la partie nord de la capitale(…) », il faut bien admettre que cette opportunité a été d’un grand secours pour tous, et admettre avec Anaïs T que « si le sommet de la francophonie a lieu à Kandreho, Bekapoaka, à Tranovato…dans ces lieux où vivent des malgaches et qui sont complétement ignorés des pouvoirs publics, ces endroits finiront par avoir des routes dignes de ce nom, ces endroits finiront par ne plus être des lieux que même les autres malgaches ne connaissent pas, la population de ces endroits finiront par dire que la francophonie est utile. (…) peut-être que l’impunité des détenteurs de pouvoir cessera, peut-être que le principe de l’égalité de tous devant la loi sera réalité, peut-être que l’intérêt de la population sera au centre des préoccupations des dirigeants. S’il faut le sommet de la francophonie pour que l’exécutif exécute ce pourquoi il est là, alors oui vive le sommet de la francophonie. » Il est permis de rêver ironiseront les sceptiques las de ce régime de parjures frappé par «la généralisation de la corruption dans tous les secteurs de la vie nationale » et atteint de cécité intellectuelle très grave au point de contourner «les dispositions des règles de passation des marchés publics et ne fait que renforcer la concentration des pouvoirs au niveau de la présidence. » Les gens en ont marre d’être abreuvés de beaux discours stériles, justement parce qu’ils vivent des réalités de «l’insécurité physique de la population, victime de vols, d’agressions, de kidnappings et de meurtres dans les villes comme dans les campagnes» courageusement dénoncés par les observateurs qui déplorent depuis peu également les « actions illégales perpétrées par des forces de l’ordre sans mandat ni justification, et non sans bavures, dont les auteurs sont toujours couverts par leur hiérarchie. » Il faut ajouter à tous ces malheurs l’insécurité alimentaire des régions du Sud lointain et l’insécurité juridique «qui s’épanouit en particulier dans les tribunaux où les droits sont systématiquement bafoués par le pouvoir de l’argent. Il en va de même pour les questions foncières, où des citadins se voient déposséder de leurs terrains du jour au lendemain ou expropriés en toute illégalité, et où des campagnards n’ont aucun recours pour faire valoir leurs droits ancestraux face aux incursions des grandes sociétés minières ou agricoles. Pour ce qui est du fonctionnement institutionnel, la démocratie n’est qu’un slogan. Tout se décide en haut lieu et le plus souvent par une seule personne avec un semblant de dialogue et de concertation. »
De tout cœur et à c’est l’unisson avec Anaïs T que tous les habitants de cette île souhaitent vivement que durant les débats de ce sommet en terre malgache, les honorables participants ne se voilent pas la face. Et qu’ils obligent les responsables étatiques locaux à « arrêter de nous mentir » et de cesser d’exploiter sans vergogne le potentiel national en combine avec des pilleurs étrangers. « Si c’est ça la francophonie, alors vive la francophonie ». Le reste du monde est au courant, il n’y a que les partenaires complices de la voyoucratie politique sans frontière qui refusent de le reconnaître : il y a trop de cailloux dans le jardin de la République et beaucoup trop de loups dans la bergerie de la Présidence. Le président Hery Rajaonarimampianina a besoin des aides secourables des pays amis pour pouvoir nettoyer l’écurie d’Augias. Vu la bonne disposition de la communauté international concrétisée par « la signature de 22 accords avec le Royaume du Maroc et de la Convention Cadre de Coopération pour la mise en place de l’assurance agricole, le Maroc va appuyer également le secteur des assurances. Il s’agit d’une approche tout à fait nouvelle qui aidera les paysans à se prémunir par rapport aux risques liés à l'agriculture intensive et orientée vers le marché. Le dernier point discuté ce jour à Iavoloha portait sur l'orientation de la production agricole vers le marché international ainsi que le respect des normes en vigueur, notamment les normes SPS. Par ailleurs, dans le domaine de l’élevage bovin et caprin, il a été souligné lors de la rencontre que des techniciens malagasy suivent des formations spécifiques au Maroc depuis le mois d’octobre. » Et si déjà le Chef de l’Etat se voit « déjà en haut de l’affiche » et voit double (mandats) à la pensée de rempiler en 2018, il a toutefois intérêt à toujours se souvenir de ce sage conseil de Jacques Godfrain Le débat ouvert est une des garanties de la consolidation de la démocratie. Il contribue à l’affermissement du paysage institutionnel. On ne parvient à l’Etat de droit en criant « élections, élections »…