Sommet de la francophonie: Une hausse prévue du prix du riz

L’interdiction pour les charrettes de circuler dans la capitale risque fort de doper les prix du riz, selon des grossistes du marché de gros d’Anosibe. En effet, les charrettes sont les moyens de transport les plus utilisés par les détaillants pour acheminer leurs marchandises depuis les grossistes jusqu’à leurs magasins. Elles coûtent moins chères que les fourgons et camionnettes. Les détaillants ne vont donc pas jouer aux philanthropes. Ils vont répercuter cette hausse des frais de transport sur les prix. Et parmi les marchandises qui pourraient être concernées, il y a le riz qui constitue la base alimentaire de la grande majorité des Malagasy dont les Tananariviens. D’autres produits seront également concernés. Citons les légumes et les marchandises générales qui partent essentiellement des marchés d’Anosibe et d’Andravoahangy pour être dispatchées sur les marchés de quartier. Déjà qu’à Antananarivo, la malnutrition chronique affecte 46,2% de la population, ne pas trouver de quoi s’acheter à manger, même sur une journée, est catastrophique. Au plan national, Madagascar est au 4ème rang mondial concernant la malnutrition, Notons toutefois qu’une bonne alimentation en quantité suffisante fait partie des droits fondamentaux de l’homme. Or, 76% des Malagasy sont sous-alimentés selon les dernières statistiques officielles.

Si le sommet de la francophonie apporte donc de nouvelles infrastructures dont notamment routières et le village de la francophonie, il amène aussi dans son sillage son lot de problèmes de survie. Il y a les charretiers et les marchands des trottoirs et la mise à l’arrêt de leurs activités. Mais il y a aussi les ménages pauvres de la capitale qui risquent de subir une hausse des prix de nombreuses marchandises dont le riz. Certes, cette hausse pourrait être minime, mais à l’heure où le pouvoir d’achat est de plus en plus faible, la moindre hausse ne peut présenter qu’un surcroît de problèmes pour les ménages. Actuellement, les prix du riz chez les détaillants démarrent à 1 400 Ar/kg, alors que le revenu quotidien des pauvres est inférieur à 6 000 Ar. Il faut aussi rappeler que plus de 60% des Tananariviens dépendent de leurs amis et proches pour leur survie quotidienne si l’on se réfère aux dernières statistiques. Qu’en est-il donc des charretiers et des marchands des trottoirs obligés d’arrêter de travailler non pas pour une demi-journée mais pour plusieurs jours ? La plupart des grossistes ont déjà leurs propres dockers et ne sont donc pas susceptibles de les recruter momentanément.

Et trouver du travail par les temps qui courent n’est pas chose aisée, surtout pour la catégorie des personnes à faible niveau d’instruction dont la quasi-totalité des charretiers. Mais il n’y a pas que les Tananariviens. La sécurité dans certaines localités pourrait souffrir du sommet de la francophonie. En effet, des gendarmes et militaires issus de ces localités sont dépêchés dans la capitale pour la sécurité des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que pour les hauts responsables des pays membres de la francophonie qui participent au sommet. Des « dahalo » et autres bandits pourraient en profiter pour mener des attaques contre les citoyens.

Fanjanarivo  

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