Les grands de la Francophonie : les jours de leur arrivée
A partir de demain, le tarmac de l’aéroport d’Ivato sera bien encombré. Car les avions (privés) des chefs d’Etat de la Francophonie vont atterrir l’un après l’autre et stationner pour deux ou trois jours dans un coin de la piste. Le comité d’accueil aussi aura fort à faire car le protocole en usage (hymnes nationaux, passage des troupes en revue, salon d’honneur…) sera répété pour chaque chef d’Etat, et ne peut être mis en œuvre pour deux à la fois. Bref, les choses sérieuses commencent véritablement demain en vue des deux jours du sommet (26 et 27 novembre), et espérons que les couacs un peu trop nombreux ces temps-ci vont cesser.
On sait maintenant quand les plus grands chefs d’Etat de la Francophonie vont mettre les pieds à Madagascar. La plupart débarqueront demain vendredi, mais d’autres aussi arriveront samedi, c’est-à-dire le matin même de la cérémonie d’ouverture. Ainsi le président François Hollande sera dans nos murs samedi de bon matin. D’après l’agenda du palais de l’Elysée en effet, demain vendredi, il assumera encore ses tâches de chef d’Etat, dont une cérémonie à 13 heures pour une sortie de promotion à l’Ecole Nationale de Police de Nîmes. Après quoi, le calendrier indique sa présence à Antananarivo samedi et dimanche pour le sommet. Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, vient à Madagascar dans le cadre de sa première tournée en Afrique car en fonction depuis un an seulement. L’homme a quitté Ottawa hier et fera escale ce jour à Monrovia (Libéria), où il rencontrera le chef d’Etat local, Ellen Johnson Sirleaf, Prix Nobel de la Paix 2011. Il mettra ensuite le cap sur Madagascar où il atterrira dans la nuit de demain. Notons que la grande province francophone du Québec (Canada) enverra aussi dans l’île son Premier ministre, Philippe Couillard. Ce dernier a transité hier à Paris où il fut reçu à l’Elysée par François Hollande. Après quoi, il s’envolera cette nuit pour Madagascar où il devrait arriver demain vendredi. La Suisse (dite Confédération Helvétique) sera représentée au plus haut niveau par son président, Johann Schneider-Ammann. Celui-ci devrait mettre les pieds dans l’île demain vendredi, et compte, entre autres, visiter le Village de la Francophonie où l’on entretient un pavillon de la Suisse. Dans la nuit même de la cérémonie de clôture du sommet, il quitte l’île pour un voyage officiel au Koweit. La grande déception (chez les grands bailleurs de fonds de la francophonie) sera la Belgique dont le Premier ministre Charles Michel ne fera pas le voyage de Madagascar. En effet, retenu par la question du budget 2017 qu’il devra défendre devant le Parlement, il délègue à Madagascar le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (lequel participe depuis hier à Ivato à la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Francophonie). Selon Charles Michel, en l’état de l’actualité en Belgique, il ne peut rejoindre Madagascar « qui exige un trajet total de quatre jours ». Les chefs d’Etat des grands pays francophones d’Afrique transitent d’abord à Malabo (Guinée Equatoriale) où se tient hier et ce jour le 4ème sommet Afrique-Monde Arabe. Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Macky Sall (Sénégal) y sont et devraient cingler vers Madagascar demain. En tout cas, on apprend que cette conférence a été gravement perturbée par un incident hier, neuf Etats (dont le Maroc) l’ont brutalement quitté. Motif : le drapeau du Polisario a été arboré dans la salle de réunion. Ce qui veut dire que des chefs d’Etat de la Francophonie pourrait abandonner Malabo plus tôt que prévu.
Evoquons enfin le cas d’une grande nation francophone d’Afrique du Nord, l’Algérie. Pays ayant longuement milité contre l’impérialisme et le colonialisme, l’Algérie a longtemps refusé de rejoindre la Francophonie, selon elle un « instrument de la domination française en Afrique ». On apprend que l’Algérie pourrait profiter du sommet d’Antananarivo pour adhérer enfin à la Francophonie. Motif : contrebalancer l’influence grandissante du Maroc, qui a cette année rejoint l’Union africaine et la Francophonie. On saura bientôt ce qu’il en est…
Adelson RAZAFY