Sommet de la Francophonie : amateurisme sur toute la ligne

Cela fait plus de deux ans que le régime sait que Madagascar accueillera le Sommet de la Francophonie. Malheureusement, le professionnalisme n’est pas au rendez-vous. Il faut dire que certains barons du régime ont passé leur temps à verrouiller les marchés publics à leur profit et à sécuriser leurs commissions. Tout ce beau monde dénué de conscience morale a cru que la préparation du Sommet de la Francophonie se ferait toute seule. Quand il s’agit de mettre en place la répression des manifestants et le pillage des ressources naturelles, le régime dispose d’un bataillon de stratèges. Par contre, il y a moins de volontaires lorsqu’il s’agit de coordonner un travail d’équipe structuré et efficient. Aveuglés par la cupidité, les délinquants à col blanc ont vécu dans un luxe insouciant, en oubliant qu’il fallait bien qu’une équipe se démène sur le terrain et mette les mains dans le cambouis pour régler l’aspect opérationnel et donner forme au projet. Lorsque les gains personnels passent avant l’intérêt général et que celui-ci n’est pris en compte qu’au dernier moment, on assiste fatalement à un bricolage, mêlé de débandade, comme c’est le cas actuellement. Presque tout a été fait tardivement ou au dernier moment. La procrastination est une tendance à remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire aujourd’hui. A Madagascar, la procrastination est une mauvaise habitude individuelle, un poison collectif et une plaie institutionnelle. On voit le résultat aujourd’hui avec l’organisation du Sommet de la Francophonie, qui relève de la farce avec ses bâtiments inachevés, ses routes imparfaites et ses peintures encore fraîches. Les faits sont implacables. Ce Sommet de la Francophonie est un théâtre minable avec des décors de mauvais goût et servie par des acteurs médiocres et des forçats de l’improvisation. Les étrangers qui sont de passage dans la capitale à l’occasion de cet évènement sont agacés par tant d’amateurisme, ou font preuve de tolérance, tandis que ceux qui y résident et connaissent les malgaches, rient sous cape. Masochistes, nos dirigeants ont pris goût aux échecs retentissants. Etant donné que la gifle de l’accueil raté du Sommet de la Comesa n’était pas suffisante, ils ont cherché le bâton pour se faire battre avec l’organisation pathétique du Sommet de la Francophonie. Un demi-siècle ! La Grande Ile aura besoin d’un demi-siècle pour accueillir le prochain Sommet de la Francophonie dans de meilleures conditions.                 

   Phil de Fer

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