Edito: Victime de la discrimination
Non, ce n'est pas par hasard si le salon de l'industrie se tient durant les temps forts du sommet de la francophonie. C'est un message fort à la communauté francophone pour montrer que l'industrie malgache existe, capable d'alimenter ce vaste marché et ouverte à des échanges, voire des partenariats malgré l'éloignement géographique de la Grande île. C'est aussi pour rappeler à l'Etat qu'en dépit des harcèlements fiscaux, l'industrie malgache tient debout et fait pratiquement vivre à elle seule toute l'économie.
Ce salon a été précédé par l'inauguration d'un nouveau logo du SIM (Syndicat des industries de Madagascar) d'un nouveau slogan, la version malgache de la politique prônée partout dans le monde: achetez local !
Oui, l'industrie malgache est terriblement victime d'une discrimination par des distributeurs. Nos capitaines d'industrie n'hésitent pas à pointer du doigt les supermarchés Leader Price qui seraient les... leaders de cette pratique scandaleuse. Les industriels comme les consommateurs constatent que cette compagnie distribue en très grande majorité des produits importés, ses rayons ne comportant que quelques produits "Vita malagasy".
Des savons aux produits d'entretien en passant par les produits alimentaires et les boissons aussi bien hygiéniques qu'alcoolisées, de nombreux produits sont victimes de cette discrimination.
A l'exception des supermarchés Shop Liantsoa, les chaînes de distribution en libre service existantes à Madagascar appartiennent à des étrangers. Mais seule Leader Price dédaigne les produits malgaches, les autres s’y consacrent pourtant pour promouvoir le "Vita malagasy" alors que les Shop Liantsoa sont le prolongement naturel de la production locale.
Le comportement de Leader Price est d'autant plus condamnable que d'après les industriels, les articles manufacturés au pays distribués par cette chaîne sont produits par des entreprises étrangères ou dirigées par des étrangers.
Ce n'est pourtant pas la qualité qui manque à la production locale. Depuis l'ouverture économique du pays à la fin des années 80, des efforts colossaux ont été entrepris par l'industrie malgache pour se moderniser et produire des biens conformes aux normes internationales. Malgré cela et en dépit du fait que les produits locaux demeurent moins chers, certains rechignent à les mettre sur leurs rayons pénalisant à la fois les industries locales et les consommateurs dont le choix est forcément restreint. C'est peut-être la libéralisation mais quand celle-ci est utilisée au détriment du pays, de son tissu industriel et de son commerce qui souffrent par ailleurs d'absence de mesures incitatives, ne peut-on vraiment rien faire?
Sa
Commentaires
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.