Edito: ‘Faut pas rêver !
Le rideau est tombé ! Que reste-t-il du sommet de la francophonie ? Un sentiment d’inachevé. Les Malgaches n’ont, en fait, rien vu, sinon les nombreux cortèges officiels avec leurs concerts assourdissants de sirènes. François Hollande et les quelques chefs d’Etat africains présents se sont abstenus de s’adresser, de manière officielle, aux Malgaches, un peuple le plus pauvre de la communauté francophone de la planète. D’ailleurs, à ce sujet, nous saluons ici l’initiative de la télévision « France 24 » d’avoir diffusé en boucle, durant ce sommet, un clip montrant la misère d’un enfant malgache, obligé de travailler alors qu’il rêve d’aller à l’école. Ces images poignantes ont été certainement vues par des millions de téléspectateurs à travers le monde et les commentaires vont bon train.
Parallèlement, toujours sur « France 24 », une publicité incite les investisseurs à venir à Madagascar, car c’est un pays d’avenir. ‘Faut pas rêver !
On ne peut pas cacher éternellement la pauvreté qui sévit dans l’île. En tout cas, des participants au sommet de la francophonie ont eu l’occasion de voir de visu la vraie situation des Malgaches, rien qu’en visitant les quartiers populaires de la capitale. Aussi, les retombés du sommet ne sont pas là où l’on attendait, mais dans les éventuelles aides d’urgence que peuvent maintenant apporter la communauté internationale. Toutefois, les seules aides consistantes ne viendront que des bailleurs de fonds institutionnels (FMI, Banque mondiale, Union européenne, etc.). Des contributions financières, devenues aléatoires ces derniers temps, de par le manque, dit-on, de transparence et de la mauvaise utilisation des fonds ainsi libérés.
La paupérisation avancée de Madagascar contraste avec, notamment, les richesses de son sous-sol, du moins ce qu’il en reste – les Chinois sont passés par là. Jadis, grenier de l’Afrique, l’île ne cesse, de nos jours, d’importer du riz et autres céréales. Avec une population de 24 millions et, dans cinq ans, 31 millions, le pays sera dans l’impossibilité, à court terme, de nourrir son peuple. Ce n’est plus une dégradation, mais une grave déchéance alimentaire…
Franck Raharison