Après le Sommet: Après la fête, la diète et le chaos
Le Sommet de la Francophonie est bel et bien terminé. Les invités étrangers sont partis. Le régime a éteint le sapin de Noël et rangé les guirlandes et les illuminations. Gavés d’honneurs, de discours et de victuailles, nos dirigeants vont pouvoir imposer la diète à leurs compatriotes déjà faméliques. En effet, comme après un « famadihana » où la règle est la dépense maximale, il faut bien se serrer la ceinture. Les détenteurs du pouvoir ont sabré le champagne mais c’est le peuple qui se réveille avec la gueule de bois. Le régime va devoir trouver de l’argent, beaucoup d’argent, pour financer les 4x4 des députés et pour rembourser l’endettement qui a été nécessaire pour accueillir à grands frais le Sommet de la Francophonie. Pour trouver de l’argent, on n’a jamais fait mieux que de trancher dans les dépenses publiques et d’augmenter les impôts, taxes et redevances. Comme à l’accoutumée, il n’est pas question que les nantis fassent les frais des errances du régime. Eux, s’en sortiront toujours et récolteront les fruits sucrés de l’après-Sommet. La rigueur budgétaire s’appliquera aux fonctionnaires et salariés du secteur privé qui devront se contenter des fruits amers, ou plutôt des fruits pourris puisque le ver est toujours dans la pomme. La diète prévisible sera accompagnée d’un retour inévitable au chaos à ciel ouvert. Pendant le Sommet, tout a été entrepris pour camoufler le bordel habituel. Petit à petit, l’anarchie dans la capitale, suspendue le temps de l’évènement, va reprendre ses droits, avec les minibus qui stationnent selon leur bon vouloir, les scooters qui circulent en sens inverse et les charrettes qui avancent à leur rythme. Peu à peu, les plus démunis vont se remettre à fouiller les poubelles et à dormir dans les jardins publics et les tunnels. Chaque semaine apportera son lot de trafics d’or, de détournements de deniers publics, de délestages, de bavures policières, d’attaques à mains armées, de vindictes populaires et de syndicalistes emprisonnés, le tout sur fond d’extrême pauvreté, de violence innommable et de corruption croissante. La parenthèse du Sommet de l’hypocrisie et des paillettes est bel et bien refermée. La fin de la récréation a sonné.
Phil de Fer