Les fonds destinés à Madagascar: Sous haute surveillance

Que tout le monde reste à sa place. Il n’y a pas le feu. Noël est dans moins de vingt jours. Que chacun reste lucide, il n’y aura pas de veaux gras à abattre, ni de gros gâteaux à consommer. Tant pis pour nous tous ! On a un Noël qu’on mérite. Cette fois –ci, c’est la vache maigre. Très maigre ! Nous sommes loin des fêtes de la nativité des années 60, 70 et 80, où les dindes, les oies, les cochons de lait étaient à profusion sur nos tables…

Actuellement, il faut faire avec : des morceaux de viande de zébu, quelques ailes de poulet, des tripes, juste pour changer un peu de l’ordinaire. Quant aux bûches de Noël, il ne faut plus rêver, cela appartient désormais au passé.

Dans certains médias de la capitale, on claironne haut et fort, sur ces prétendus dizaines de milliards de dollars, obtenues par Madagascar, grâce à la Banque mondiale. Aucun organisme onusien ou de Bretton Wood, n’est assez fou pour jeter ainsi par les fenêtres des milliards de dollars. Autrement dit, les bailleurs de fonds institutionnels vont dépêcher dans l’île, des contrôleurs, des inspecteurs, des fins limiers, afin de voir si quelques millions de dollars iront gonfler les comptes en banque, ici et ailleurs, des dignitaires de ce régime, mondialement connus pour leur cupidité, leur voracité  et leur stupidité.

En tout cas, à Washington et à Bruxelles, tous prennent des précautions avant de libérer le premier dollar ou euro dans les caisses de l’Etat malgache. C’est uniquement à Madagascar, en RDC, en Haïti, entre autres, que les bailleurs font des réserves. En tout cas, avant que ces fonds soient intégralement versés, il y a loin de la coupe aux lèvres… A moins que l’Etat malgache consente à accepter des techniciens du FMI, de l’Union européenne et de la Banque mondiale pour suivre de près, la destination et l’utilisation finales de ces milliards de dollars. Qu’on n’avance pas ici une quelconque souveraineté nationale pour empêcher l’implication des experts étrangers dans nos dépenses et de nos recettes s’il y en a…

De toute façon, ce n’est pas demain la veille, malgré ces milliards de dollars, que le pays sortira de la crise.

Franck Raharison

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