Inégalités socioéconomiques: L’écart, de plus en plus important
Quatre opérateurs étrangers installés à Madagascar et un opérateur malagasy figurent parmi les Africains les plus riches de l’Afrique francophone, d’après le classement du magazine américain Forbes pour 2016-2017. Le pays est pourtant le 5ème Etat le plus pauvre au monde, selon le FMI. Ces deux classements révèlent l’écart incommensurable entre la toute petite poignée des plus riches et la grande masse des plus pauvres. Certes, les opérateurs cités dans Forbes ont affûté leurs armes pour être à la place où ils sont maintenant, mais il ne faut pas non plus se voiler la face sur certaines questions. Citons l’environnement des affaires de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes. Ces derniers ne bénéficient pas déjà d’un budget costaud quand on parle de finances publiques. D’après la loi de finances 2017, le budget public pour les jeunes sera de 1 840 Ar/jeune, contre 1 400 Ar cette année. La petite hausse de 440 Ar ne vaut qu’un ticket de bus, donc pas de quoi songer à créer même une micro entreprise ! Or, près de 3/4 des jeunes sont pauvres à Madagascar et seuls 4% ont leurs propres entreprises, selon les données onusiennes. Cela veut dire que même modeste, le taux de 4% témoigne de la volonté des jeunes de vouloir s’en sortir. Seulement, ils ne sont pas les fils de… ou ne font pas partie de tel ou tel cercle proche du pouvoir pour prétendre disposer du fonds nécessaire pour démarrer.
Rares sont donc ceux qui arrivent à sortir du lot et c’est à force de persévérance et de hargne. Sur ces perles rares, certains ne se contentent pas de réussir sur le marché local. Ils exportent leurs produits et savoir-faire. C’est notamment le cas dans le secteur TIC. Mais les jeunes ne disposent d’aucune structure dédiée pour les soutenir en matière d’entrepreneuriat. Outre l’accès au financement qui est également très difficile, l’entrepreneuriat exige la maîtrise de plusieurs domaines dont la nécessité d’avoir une vision, la maîtrise de la gestion, du marketing, la nécessité d’évoluer dans des réseaux d’opérateurs et de partenaires potentiels… Bref, il faut un solide système de coaching et d’appuis multidimensionnels pour aider les jeunes à sortir la tête de la mer de pauvreté et pourquoi pas de figurer un jour sur le classement de Forbes. Le patron du groupe Sodiat est sur ce classement et pourquoi pas d’autres jeunes malagasy comme lui ? Si Marc Ravalomanana a continué à exceller dans ses affaires au lieu de faire de la politique, il aurait pu trouver sa place sur la même liste. Si l’on revient sur l’accès au financement, Madagascar enregistre un recul, d’après le Doing business 2017 de la Banque mondiale.
De la 168ème place cette année, il passera à la 170ème sur 180 économies l’année prochaine. Comme quoi, il est de plus en plus difficile pour les entreprises d’obtenir des prêts. Même si l’argent ne fait pas tout en matière d’entrepreneuriat, il est l’un des facteurs nécessaires pour réussir dans ce domaine, soit pour démarrer et développer une activité. De tout ceci, l’on peut dire que même si un jour le pays devient riche, les inégalités risquent d’être encore plus marquées. En effet, les richesses créées proviendront toujours des mêmes figures du paysage économique puisque les autres n’ont pas les moyens nécessaires pour dépasser les conditions difficiles dans lesquelles ils doivent évoluer.
Fanjanarivo
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