Consommation d’eau: La perte est en baisse mais l’eau manque
45,3 milliards Ar de pertes de janvier à août 2015, contre un peu plus de 23 milliards Ar sur la même période cette année. Ces chiffres représentent les pertes de la Jirama dans la vente d’eau qu’elle traite. Ils sont tirés de la différence entre la production et la consommation d’eau rapportées sur le dernier tableau de bord économique de l’Institut national de la statistique (INSTAT). En effet, la production sur les 8 premiers mois de cette année a été de 73 213 000 m3. Quant à la consommation, elle a été de 45 099 000 m3 pour un prix moyen de 821 Ar/m3. L’année dernière, la production sur la période étudiée a été de 99 035 000 m3 et la consommation de 45 408 000 m3 pour un prix moyen de 846 Ar/m3. Cela signifie que le prix moyen a diminué de 25 Ar/m3. Pareil pour la production qui a enregistré une baisse beaucoup plus importante de -25 822 000 m3. Ces derniers temps, la Jirama a publié des annonces sur la nécessité d’économiser l’eau, c’est-à-dire de restreindre la consommation aux besoins culinaires et d’hygiène et d’éviter ainsi d’arroser les fleurs ou de laver les voitures… Ces conseils sur les économies d’eau fait suite à l’insuffisance de la pluviométrie.
Ils s’appliquent non seulement pour Antananarivo mais également pour d’autres localités desservies par la Jirama. Citons, entre autres, Fianarantsoa, Antsirabe, Amboasary etc. Ainsi, le pays fait face aux impacts du changement climatique dont le stress hydrique, un mal qui frappe déjà très fort de nombreux pays arabes. Ce qui n’empêche pas Madagascar de vivre un peu ce problème. Voilà pourquoi la production de la Jirama a beaucoup diminué entre les deux périodes évoquées plus haut. Il faut seulement souligner que ses conseils pour les économies d’eau ne devraient pas s’adresser uniquement aux ménages. Ces derniers ont même vu leur consommation diminuer fortement (-44%) sur les deux périodes. En revanche, celle des gros consommateurs dont les industries a grimpé pour afficher une importante hausse de +176,6%. Pareil pour les collectivités décentralisées et l’administration dont la consommation a connu une augmentation de près de +127%. S’il est plutôt difficile pour les entreprises et industries de restreindre leur consommation, il n’en est pas de même pour ces entités publiques. Elles devraient faire aussi l’objet d’une campagne de communication sur les économies d’eau de la part de la Jirama
Mais on ne doit pas non plus oublier les pertes issues de la différence entre la production et la consommation d’eau. Cela veut dire que la Jirama produit plus que les besoins de ses clients parce qu’entre les deux périodes étudiées, la consommation a connu une baisse de -0,7%. Malgré la baisse de la consommation donc, la Jirama incite à économiser l’eau. Certes, sa production affiche une baisse de -26% mais la grande différence entre cette production et la consommation laisse entendre qu’une mauvaise gestion de la production et/ou de la distribution débouche sur des pertes. Celles-ci sont moins importantes que les pertes enregistrées dans le secteur électricité, mais elles existent bel et bien. D’aucuns peuvent remarquer ces tuyaux crevés de la Jirama par lesquels l’eau gicle du matin au soir et parfois sur plusieurs semaines. C’est un des problèmes qui dopent les pertes. Le projet censé redresser la Jirama devrait démarrer en 2017. Reste à savoir s’il va concerner le secteur eau. Car jusqu’ici, les yeux se focalisent sur l’électricité qui dépeint plus la longue crise de la Jirama.
Fanjanarivo