Marché boursier: Une alternative de financement ignorée par l’Etat
Des mouvements peuvent être notés dans la structure du capital de quelques sociétés dans lesquelles l’Etat détient des parts. A l’issue de la privatisation des compagnies pétrolières en effet, l’Etat détenait 10% des actions chez les 4 distributeurs. Mais lorsqu’on jette un coup d’œil sur l’un des annexes de la loi de finances 2017, il ne dispose plus que de 6,12% chez l’un de ces distributeurs, contre 20% chez un autre et plus de 20% encore dans le capital d’un autre distributeur pétrolier… Si le pays avait un marché boursier, de tels mouvements se seraient opérés en toute transparence. Mais il n’y a pas que la transparence, ce marché offre une bonne alternative ou un complément non négligeable au financement des entreprises. Depuis les années 2000 pourtant, aucun régime n’a daigné y accorder une attention appuyée pour aider à la mise sur pied d’un marché boursier. Sous Ravalomanana, le ministre des Finances d’alors, Radavidson Andriamparany a promis de faire du Fonds de portage et de privatisation (FPP) un embryon de marché boursier. Cette promesse aurait dû prendre forme en… 2006. Dix ans plus tard, elle ne s’est pas réalisée alors qu’une association animée par un professionnel malagasy, issu de la bourse de Paris, a fait la promotion de ce projet. L’association a même fait du lobbying auprès du ministère des Finances.
Mais à l’époque, des banques auraient fait barrage au projet, alors que le marché boursier n’est pas censé les concurrencer mais se présenter en tant que marché complémentaire. Mais les autorités ont semblé se pencher du côté des banques. Elles ont donc proposé de créer des textes pour encadrer le marché. L’association était contre en avançant que selon les expériences des pays anglophones, il fallait d’abord mettre en place un petit marché pour voir comment les acteurs agissent. C’est à partir de là que les textes seront nécessaires pour réguler le marché. Cette approche réussit dans de nombreux anglophones, alors que celle qui consiste à légiférer avant la création même de la bourse n’aboutit pas à des résultats probants. C’est souvent le cas des marchés francophones. Sinon, il faut rappeler également sous la législature actuelle, un député a abordé la question de créer un marché boursier à Madagascar, sans avoir insisté et relayé par les autorités concernées. C’était en 2015. Depuis, les dirigeants préfèrent faire les mendiants auprès des bailleurs de fonds, alors qu’ils peuvent également prospecter tous les voies et moyens pour aider le secteur privé à accroître les financements dont il a besoin.
Dans ce domaine d’ailleurs, l’accès au financement pose problème : Madagascar est passé de la 182ème place à la 184ème pour ce qui est de l’obtention de prêts, selon le Doing business 2017 de la Banque mondiale. Raison de plus pour réactiver la nécessité de créer un marché boursier. Sinon, il faut signaler une curiosité dans l’un des annexes de la loi de finances : le Fonds de portage et de privatisation détient 15% dans une société d’exploration pétrolière, alors que cette part devrait revenir à l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS).
Fanjanarivo