Editorial: Le locataire d’Iavoloha a-t-il peur de l’hôtelière ?
La date du 9 décembre est célébrée la journée mondiale de la lutte contre la corruption et celle de cette année a eu une résonance particulière grâce au DG du Bianco et de son homologue du Samifin. Les simples citoyens bien qu'ils aient la tête dans le guidon attendent des actions concrètes pour croire en l'effectivité de la lutte contre la corruption. Les simples citoyens bien qu'ils sachent qu'ils ont aussi un rôle à jouer font également des efforts mais attendent un signal fort du côté de la justice étant donné que c'est la justice qui a le dernier mot. Les simples citoyens sont fatigués de l'inertie ou de la complicité de l'exécutif.
On se souvient de la cérémonie au cours de laquelle le Président de la République a apposé sa signature sur la nouvelle stratégie de lutte contre la corruption, mais on attend un signal fort de la part de l'exécutif, plus particulièrement par rapport à ses proches qui défraient les chroniques car quoiqu'on dise ce qui nuit à l'image de ce pouvoir c'est, entre autres, l'entourage du président. Quelques jours avant la célébration de la journée mondiale de lutte contre la corruption, un sénateur illuminé et qui marquera l'histoire du pays essentiellement par sa versatilité et son absence d'idéologie politique, s'est ridiculisé au sénat pour réclamer le limogeage du DG du Bianco. Se croyant probablement détenteur d'un grand pouvoir du fait de son titre de sénateur. Il a fait sans s'en rendre compte l'éloge ce que les citoyens dénoncent à longueur de journée: l'impunité!
Ce sénateur souhaite le limogeage du DG du Bianco car ce dernier a osé porter à la connaissance du public que sur les 24 millions d'âmes qui peuplent Madagascar, une personne agit comme étant au dessus des lois, au dessus de tous et se permet de ne pas répondre à la convocation du Bianco. Qu'est ce qu'elle a de particulier cette personne pour que l'exécutif se mure dans son silence face à une attitude que même un président de la république ne ferait pas? Et c'est cela que le Andriamandavy veut défendre!
La sortie médiatique de Riana Andriamandavy est juste la preuve que le personnage a un gros faible pour l'impunité, pour l'inégalité face à la loi, et sa sortie médiatique est également la preuve que la Claudine n'est pas si "clean" que cela car si elle n'avait rien à se reprocher et si elle est convaincue être dans son bon droit, elle répondrait aux convocations. Mais surtout tout cela apporte la preuve de l'absence de volonté réelle du chef de l'Etat de lutter contre la corruption, ses discours et déclarations n'ont aucun sens si cela n'est pas suivi d'action et le ménage doit être fait autour de lui d'abord.
En dehors du Président de la République, silence radio également du côté du Premier Ministre - il ne veut probablement pas subir le même sort que Ravelonarivo qui a osé convoquer la fameuse Claudine -, rien également du côté du Ministre de la Justice. Aucun représentant de l'exécutif n'est monté au créneau ne serait-ce que pour dire que nul n'est au-dessus des lois, des règles et que les règles doivent être respectées. Au-delà de la bêtise du Andriamandavy, c'est le silence de l'exécutif qui est condamnable. Peut être parce que l'exécutif a peur de l'hôtelière ou a besoin de l'hôtel?
Claude Rakele