Variation des prix: Tout est prévu à la hausse
Pour les trois prochains mois, la prévision de variation des prix est prévue à la hausse. Il s’agit surtout des hausses saisonnières.
Certes, et selon les données officielles, actuellement, disponibles, au titre de l’année 2016, le taux d’inflation en fin de période est de 7,1% contre 7,6% en 2015. En effet, la précocité des récoltes rizicoles et des meilleurs résultats en termes de production ont écourté la période de soudure. A cet effet, le prix du riz sur le marché intérieur a suivi des tendances saisonnières.
Mais, fait-on remarquer, le niveau d’inflation national demeurera largement au-dessus de celui de l’extérieur. De plus, la part des produits importés accapare toujours une large proportion dans le panier de biens de consommation des ménages. Le niveau d’inflation national restera ainsi fortement tributaire de la parité de l’Ariary avec les devises étrangères.
Force est, toutefois, de constater que déjà au mois de septembre 2016, l’Instat a analysé que le niveau global des prix à la consommation augmente de 0,3 %. La hausse des prix est la plus élevée (0,9 %) dans la ville de Fianarantsoa alors qu’elle est la plus faible dans la ville d’Antsiranana (0,1 %). Depuis le début de l’année (décembre 2015 à septembre 2016), les Indices des Prix à la consommation (IPC) augmentent de 4,4 %. En glissement annuel (entre septembre 2015 et septembre 2016), les prix à la consommation augmentent de 6,7 %.
Et l’Instat d’approfondir, surtout, qu’entre décembre 2015 et septembre 2016, les prix à la consommation augmentent en moyenne de 4,4 % dans les sept grandes villes de Madagascar. Selon l’origine des produits, les prix des « produits locaux » augmentent le plus (4,8 %) avec une forte contribution de 88,6 % à la variation de l’ensemble des prix. Depuis le début de l’année, les prix des « produits semi-importés » et les prix des « produits importés » augmentent respectivement de 3 % et de 2,3 %.
Depuis le début de l’année, selon le secteur de production, les prix des « services publics » et les prix des « services privés » augmentent au même rythme (7 %). Ensuite, les prix des « produits vivriers non transformés » augmentent de 6,3 %. La hausse des prix des produits de premières nécessités (PPN) pour la même période est de 3,3 %.
Et la même source d’observer que selon la classification des produits par fonction, les prix de « autres biens et service » se démarque des autres produits avec une forte augmentation de 15 %, mais sa contribution à la variation des prix de l’ensemble est faible (5,6 %). Les prix à la consommation des « produits alimentaires, boissons et tabacs » augmentent de 3,6 %, avec une forte contribution de 40,1 % de la variation globale des prix.
Tout en tenant compte de ces paramètres, le taux d’inflation pour l’année 2017 sera escompté à 7,1%, stipule la loi de finances pour 2017. Ce taux est légèrement supérieur à son niveau tendanciel (écart d’inflation positif en 2015 : 0,50 pt, 2016 : 0,12 pt, et 0,55 pt pour 2017). L’augmentation du prix des denrées alimentaires en a été la principale source. Par ailleurs, la loi de finances 2017 dispose que la dépréciation de l’Ariary par rapport au dollar US (de 3176,9 Ariary à 3349,8 Ariary en 2017) et au DTS (de 4431,9 Ariary à 4670,9 Ariary en 2017) viendra accentuer l’inflation et augmentera ainsi le taux de change effectif réel. Cela accroitra, malgré tout, la compétitivité des produits locaux sur le marché étranger, d’où une croissance des exportations en 2017. Les exportations croîtront en moyenne de 4,7% par an, soit quasiment au même rythme que le PIB réel. Et cette performance, édicte-t-on, dépendra de moins en moins des industries extractives qui verront l’évolution de leurs exportations se stabiliser aux alentours de 3,9% en 2019. Les autres filières, notamment le textile et les produits de rente, gagneront en envergure. Il faudra cependant que leurs productivités ne soient plus bridées par le manque d’infrastructures routières et d’énergie, et par la désarticulation au niveau des opérateurs.
Les cours mondiaux des produits alimentaires demeurent élevés contrairement à ceux des hydrocarbures. Cette situation avantage les pays en développement qui gagnent en compétitivité en termes de prix à l’exportation et de coût de production.
C.A