Mécontentement populaire: Au jour de la colère ...
Décidemment, le régime fait la pluie et le beau temps. Après avoir orchestré la déstabilisation de la vie politique avant le Sommet de la Francophonie, il a imposé une trêve pendant cet évènement. Le Sommet est à peine clos que le régime décrète la fin de la trêve et la reprise les hostilités, comme le montre l’arrestation de l’ancien ministre Augustin Andriamananoro en pleines funérailles. Certes, aucune disposition du Code de Procédure Pénale n’interdit une arrestation pendant un enterrement, toutefois le respect des morts est sacré pour les malgaches et fait partie du Fihavanana gravé dans le préambule de la Constitution. A notre connaissance, Augustin Andriamananoro n’a commis aucun crime de sang. Il n’a sans doute pas répondu à une convocation dans l’affaire Soamahamanina et l’urgence de l’arrestation était peut-être caractérisée mais cette mesure aurait pu attendre la fin de la cérémonie. S’agirait-il d’une peau de banane lancée par un proche du pouvoir pour mettre en difficulté le Chef de l’Etat ou bien d’une diversion pour qu’on cesse de se focaliser sur Claudine Razaimamonjy ? On ne sait pas. Une chose est certaine c’est que même si l’opinion publique ignore la gravité des faits reprochés à Augustin Andriamananoro, elle désapprouve les conditions de son arrestation car il s’agit d’une atteinte inacceptable à la dignité des morts et de la famille endeuillée. Un deuil est déjà douloureux. Etait-il nécessaire de rajouter un scandale par-dessus cette peine ? Cette arrestation n’est peut-être pas arbitraire au sens juridique strict mais elle est perçue comme immorale et injuste, relevant même du sacrilège. Or, l’extrême injustice attise l’extrême colère. « Au jour de la colère, la richesse ne sert à rien... » (Proverbes 11 :4). Pour preuve, en 1793, le peuple de France a guillotiné son Roi Louis XVI et sa Reine Marie-Antoinette alors qu’ils paraissaient si riches et si puissants.
PN