Energies renouvelables: L’Inde, un partenaire potentiel à étudier de près
Une délégation de la Confederation of India industry (CII) a été reçue hier au palais d’Etat d’Iavoloha par le président de la république, Hery Rajaonarimampianina. Elle a compté 7 représentants de sociétés indiennes spécialisées dans les énergies renouvelables, les diverses infrastructures, les mines et l’agriculture. Reste à savoir si les autorités malagasy vont se pencher sérieusement sur la suite à donner à cette visite. Car ce n’est pas pour la première fois que l’Inde fait un clin d’œil à Madagascar. Elle l’a déjà fait à plusieurs reprises en dotant le pays d’unités de fabrication d’engrais et de tracteurs sous Ravalomanana. Mais une bonne partie de ces matériels et de ces unités s’est volatilisée sans que les auteurs ne soient inquiétés jusqu’ici. L’Inde propose également de très bons matériaux pour les travaux routiers, notamment pour les pistes rurales… Même si la société propriétaire de ces matériaux est déjà présente à Madagascar et essaie de se faire connaître, les autorités ne l’ont pas encore remarquée. Sinon, des techniques indiennes sont adaptées aux réalités malagasy. C’est notamment le cas dans l’artisanat, l’agriculture… Celle-ci représente 15% du PIB indien et fait encore vivre 60% de la population.
Particulièrement pour l’énergie renouvelable, l’Inde peut aussi apporter pour Madagascar. L’hydroélectricité représente plus de 10% de la production électrique de ce pays à 1,3 milliard de personnes, le plaçant ainsi au 7ème rang de producteur hydroélectrique au monde en 2014. Et en 2015, l’Inde a lancé un grand plan de développement des énergies renouvelables. L’objectif est de diversifier le mix de production électrique en quadruplant la puissance installée des installations éoliennes, solaires, de biomasse et de déchets à hauteur de 175 GW ou 175 000 GW en 2022. Comme quoi, l’expertise et les technologies indiennes pourraient servir Madagascar. Certes, plus de 80% de la production électrique de ce pays sont fournies par le charbon, mais sa place dans la production hydroélectrique mondiale et le plan cité plus haut démontrent sa volonté d’aller de l’avant en matière d’énergies renouvelables. Quant à Madagascar, il souffre d’une très longue crise énergétique. Si en Inde, 19% de la population n’avaient pas encore accès à l’électricité de base en 2013, à Madagascar, seuls 15% de la population ont accès à l’électricité. Ce chiffre tombe en-dessous de 5% en milieu rural.
Concernant l’agriculture, le partenariat évoqué ci-dessus sous Ravalomanana témoigne de la volonté de l’Inde de donner la main à Madagascar. Seulement, il n’a pas été suivi d’effet à cause du manque de contrôle et des autres micmacs dans la haute sphère politique malagasy. Notons toutefois que l’Inde est une puissance émergente qui pourrait beaucoup apporter à Madagascar à travers une coopération Sud-Sud. Pour le trimestre juillet-septembre 2016, la croissance de son économie a affiché un taux de 7,3%, contre 7,1% sur le trimestre précédent. Elle a été soutenue par l’agriculture qui constitue un secteur vital pour ce pays encore rurale. Malgré tout, l’Inde ne figure pas encore parmi les grands partenaires techniques et financiers de la Grande Ile. Elle n’est pas sur la liste des grands donateurs de fonds à l’issue de la conférence des bailleurs à Paris dernièrement. Cette liste comprend toujours les mêmes entités (Banque mondiale, Union européenne, BAD, FIDA, Allemagne, France…)
Fanjanarivo