1896-1960: Pour une indemnisation de Madagascar par la France (93ème partie)
De manière unilatérale, la France considère qu’elle n’a pas à restituer les Iles Eparses aux malgaches. Son statut de grande puissance lui permet de se placer au-dessus des résolutions de l’Organisation des Nations-Unies. D’une manière toute aussi unilatérale, la France se réserve le droit de ne pas dédommager Madagascar pour les crimes coloniaux commis en 1896 et 1947. Pour la France, le crime d’un seul de ses ressortissants ne peut pas rester impuni. On l’a bien vu après le lynchage de deux français à Nosy Be. Par contre, elle fait preuve d’un dédain suprême après avoir massacré des centaines de milliers de malgaches en 1896 et autant en 1947. Elle fait comme si rien ne s’était passé. Pour la France, la vie d’un malgache n’a aucune valeur. Si c’était le cas, elle aurait traduit en justice les auteurs et les complices de ces ignobles tueries et elle aurait dédommagé les survivants et les familles des victimes. Aujourd’hui comme hier, la France a l’audace de penser, avec une légèreté condamnable, qu’elle ne doit rien à Madagascar. Bien au contraire, elle est persuadée que la Grande Ile doit rester sous influence française, voire redevenir une colonie française. Cet objectif à long terme explique les efforts incessants de la France pour déstabiliser et appauvrir Madagascar afin qu’elle reste dans un état de dépendance absolue. Cela arrangerait grandement les intérêts géopolitiques de la France que Madagascar suive l’exemple de Mayotte qui est devenue le 104ème département français, à la suite des demandes d’une population locale affamée. La France n’a pas intérêt à ce que Madagascar devienne un pays émergent. Le retour de la Grande Ile à l’état de nation colonisée permettrait ainsi à la France de s’emparer à nouveau de toutes les ressources naturelles de Madagascar et d’asservir les malgaches avant de les abattre à nouveau comme des chiens s’ils venaient à se rebeller comme en 1896 et 1947.
Ranary et Fabrice