Saisie de bouteilles de whisky: Le SIM apprécie cette action de la douane
La récente saisie de 28 500 bouteilles de whisky et de 645 bouteilles de boissons alcoolisées dans la capitale par la Direction générale des douanes (DGD) est appréciée par le Syndicat des industries de Madagascar (SIM). Ce syndicat a toujours milité pour la lutte contre la fraude, la contrebande et autres pratiques illégales pour contourner le paiement des droits et taxes au niveau des frontières. En effet, ces pratiques qui permettent à leurs auteurs d’afficher des prix bradés, exercent une concurrence déloyale, notamment contre les industries locales. Les importateurs qui paient correctement leurs obligations fiscales et douanières sont également victimes. Le SIM a donc une bonne raison de se réjouir de ce beau coup de filet. Il réaffirme, par ailleurs, sa volonté de coopérer avec la DGD et la Direction générale des impôts (DGI). Il faut rappeler que les marchandises saisies sont des whiskies de grande marque dont Chivas, Blue Label, Gold Label, J&B, Grants. De plus, elles affichent 8 à 18 ans d’âge et comme on le sait, plus le whisky est vieux, plus il coûte très cher. Sur un site internet connu pour ses soldes Cdiscount, le prix d’un Blue Label de 70 cl et de 18 ans d’âge est de 150 euros ou plus de 529 000 Ar. C’est l’équivalent de près de 3 mois de revenu d’un pauvre.
Mais lorsqu’une telle marchandise entre en fraude, son propriétaire peut l’écouler à moitié prix ou afficher un prix nettement inférieur à ce qui s’observe sur le marché. Et ce sera une perte pour ceux qui paient correctement leurs obligations vis-à-vis du fisc et de la douane. Les documents découverts par la douane concernant les cartons saisis font état de diverses marchandises et aucunement de boissons alcoolisées. La saisie a été possible grâce à une source anonyme. Une enquête est évidemment déclenchée par la douane pour identifier le propriétaire de ces cargaisons. Rappelons également qu’en octobre 2015, la douane a saisi 5 897 bouteilles de whisky, 1 000 bouteilles de vin et 387 bouteilles de liqueur. Ces marchandises provenant de France ont fait l’objet d’une importation sans déclaration et donc assimilée à de la contrebande. La douane a estimé les droits et taxes liés à cette infraction à plus de 123,6 millions Ar. Pour la récente saisie évoquée plus haut, elle n’a pas donné un chiffre estimatif concernant les droits et taxes compromis. Comme quoi, les opérateurs économiques et le public apprécieraient plus de transparence. Celle-ci devrait concerner non seulement les droits et taxes que le contrebandier devrait payer, mais également la suite et l’aboutissement de l’enquête, c'est-à-dire les auteurs des infractions et éventuellement leurs complices, ainsi que les sanctions administratives, pécuniaires et/ou judiciaires dont ils écoperont.
Ce jeu de la transparence devrait être dissuasif pour ceux qui sont tentés par les pratiques frauduleuses. Il s’inscrit également dans les principes de redevabilité vis-à-vis des citoyens, des contribuables, des opérateurs économiques… A titre de rappel, les industriels évoluent dans un environnement des affaires plutôt difficile parce qu’ils doivent composer avec des coûts des facteurs élevés dont l’énergie, les transports, le difficile accès au financement. Il y a aussi la concurrence déloyale évoquée plus haut. Elle provient également des entreprises informelles locales et des entreprises dûment formelles mais qui ne paient qu’une partie de leurs obligations fiscales ou qui font tout pour contourner le paiement de ces obligations. La DGI a lancé une vaste opération sur ce domaine, il y a quelques années de cela. Mais ces pratiques demeurent.
Fanjanarivo