1896-1960: Pour une indemnisation de Madagascar par la France (94ème partie)
L’Algérie a été colonisée par la France de 1830 à 1962. Cette période a été si douloureuse que cette grande nation n’a pas souhaité adhérer à la Francophonie. Non seulement l’Algérie n’est pas membre de la Francophonie mais le français ne fait pas partie des langues officielles alors que la majorité des algériens lisent et écrivent la langue française. Le peuple algérien peut être fier de ses dirigeants successifs, aussi autoritaires soient-ils, car ils ont su honorer la mémoire des victimes de la répression sauvage perpétrée par la France coloniale. C’est tout le contraire des autorités malgaches qui oublient les sacrifices des générations passées et qui se soumettent toujours aux ordres du Palais de l’Elysée. La population algérienne se souvient des atrocités commises en mai 1945 par la France à Sétif, Kherrata, Amoucha, El Ouricia, Guelma et Kel-El-Boumba. Par crainte d’une insurrection nationaliste, les soldats français ont mitraillé des populations civiles et bombardé des villages. Ils ont arrosé d’essence puis brûlé des algériens ligotés. A Madagascar, en 1947, les français ont repris les massacres débutés en 1896. En Algérie, en 1945, les français ont répété les crimes commencés cent ans plus tôt. En 1843, le lieutenant-colonel de Montagnac, en poste en Algérie, a écrit ceci : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied. Qui veut la fin veut les moyens, quoiqu’en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre. [...] Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et tous les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux Iles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. » Durant l’ère coloniale, les algériens, malgaches, ivoiriens, sénégalais, camerounais, vietnamiens, marocains, gabonais, soudanais, haïtiens, tchadiens, guinéens et tunisiens ont été abattus par centaines de milliers comme des chiens. Les familles des victimes n’ont jamais été indemnisées par la France, patrie des Droits de l’Homme Blanc.
Ranary et Fabrice