Forêt d’Andekaleka: Rajaonarimampianina consterné…

Mine sombre et figure contractée par la consternation… Hery Rajaonarimampianina était apparu ainsi quand il a accédé au micro, vendredi à Andekaleka (Est de l’île). C’était lors de l’ouverture officielle de la campagne de reboisement 2016-2017. De tous côtés, en effet, dans un paysage de forêt encore verdoyant il y a une dizaine d’années, il n’y avait que des collines dénudées par la culture sur brûlis et le charbonnage. Par endroits, on voyait encore des souches à moitié calcinées, preuve que le forfait était récent… Face à ce spectacle de désolation, voici les propos présidentiels : « La forêt est détruite quand on coupe les arbres et qu’on les brûle. Voyez là-bas, il y un grand trou qui s’étend… Nous devons changer de vision, et je demande aux responsables de prendre des mesures fermes pour mettre un terme à la dévastation ».

En tout cas, les organismes de protection de l’environnement jettent périodiquement un cri d’alarme sur la destruction totale de la forêt malgache dans cinq (ou dix ans ?), au rythme où progresse le déboisement. Visiblement, Hery Rajaonarimampianina n’en a pas tenu compte, et ne s’aperçoit du danger qu’actuellement. D’où ce discours sur le « changement de vision » et les «mesures fermes». Pourtant, si au début de son mandat, il avait survolé les forêts de l’Est (et surtout du nord-est), il aurait constaté l’ampleur des ravages et aurait réagi avec énergie. Car à cette époque, on commençait à déboiser même dans la réserve nationale du cap Masoala pour y prélever le bois de rose et autres essences précieuses. Mais le régime de Hery Rajaonarimampianina a laissé faire, certains tenants du pouvoir ayant d’ailleurs trempé directement dans le trafic. Et même si les noms de ceux-ci ont été divulgués, rien n’a été fait pour les mettre hors d’état de nuire.

En tout cas, alors que son mandat approche de sa fin et que les forêts ont disparu, le président parle de prendre des mesures fermes… Voilà qui va faire rire dans les chaumières. Quid aussi de ce projet qui vise à reboiser 40 000 hectares de forêts par an, et annoncé vendredi à Andekaleka ? Un plan conçu certainement par des stratèges en robe de chambre et qui n’a aucune connexion avec la réalité. Il rappelle les « 1 000 hectares de rizières par firaisana (communes rurales) » lancés au début de la Révolution socialiste par Didier Ratsiraka pour assurer l’autosuffisance alimentaire de l’île. Ce plan délirant n’a connu qu’un début de réalisation, et face aux difficultés auxquelles il s’est heurté, il a fallu l’abandonner rapidement…

A.R.

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