ACM : grogne après la sortie du décret de racket

Nous ne sommes pas des racketteurs! Arrêtez de nous faire un procès d'intention", rouspètent des cadres de l'ACM ( aviation civile de Madagascar) en réaction à notre article de lundi dernier ("transports aériens: le racket légalisé!"). En accordant à cet organisme tous les pouvoirs de contrôle et de sanctions sans passer par un juge ni un organe indépendant, le décret pris par le gouvernement ouvre, en effet, la voie à tous les abus et, dans un contexte de corruption généralisée, on a tout naturellement pensé à une légalisation du racket dans le secteur des transports aériens.

Sous le couvert de l'anonymat, nos interlocuteurs se déclarent d'ailleurs tout aussi surpris que l'opinion de ce décret. On se demande d'ailleurs si les décrets et autres textes réglementaires passent comme une lettre à la poste dans les conseils de ministres et de gouvernement sans aucun examen ni débat. En tout cas, ce texte dérange beaucoup les cadres de l'ACM. "N'importe quel contrôle que nous ferons pourront désormais être assimilé à un racket pur et simple", déclarent-ils. "Déjà qu'on ironise beaucoup sur l'ACM avec notre chef pâtissier", lâchent certains d'entre eux.

Ces cadres confirment, en effet, la présence d’un expatrié à l’ACM. Il s’agit d’un certain Laurent Cros. Zaka Rakotoniriany, DGA de l’ACM, qui l’a présenté au personnel comme un expert de la DGAC (direction générale de l’aviation civile France) détaché à la direction de la sécurité de l’ACM où il fait figure de chef. C’est lui qui aurait ordonné « la mission de contrôle réalisé au sein de la société de sûreté aéroportuaire Cspi/Sama au cours de laquelle les inspecteurs de l’ACM ont constaté qu’au moins une douzaine des cadres de la société concessionnaire disposent du même diplôme sinon plus qualifiés que l’expert Cros ».

Les recherches faites par des agents de l’ACM auprès de leurs relations ont, en effet, permis de savoir que Laurent Cros  a bien suivi auprès de l’ENAC une formation d’inspecteur auditeur OACI qui serait une formation de base. Par contre, il aurait échoué aux autres formations plus qualifiantes qu’il aurait tenté. En tout cas, Laurent CROS n’a jamais été en poste à la DGAC. C’est un major de gendarmerie à la retraite qui a monté sa société de conseil. Il est sous contrat avec la direction de la sûreté de l’aviation civile de l’Océan Indien (DSACOI,  La Réunion) qui l’a affecté au Comité des aviations civiles de l’Océan Indien dont le président en exercice n’est autre que le DG de l’ACM, James Andrianalisoa.  M. Ducros qui a plus d’une corde à son arc avec sa qualification, entre autres, d’ouvrier spécialisé en pâtisserie, est donc chargé par le Comité d’élaborer pour le compte de l’ACM les textes législatifs en matière de sécurité.

C’est à ce titre qu’il a été détaché auprès de l’ACM pour une durée d’un mois. Le contrat a été renouvelé pour un autre mois et le directeur de la DSACOI, Lionel Montocchio, chercherait un financement pour que son compatriote Laurent Cros reste au sein de l’ACM pour une durée de 2 ans. Une perspective qui n’est pas vraiment au goût des cadres qui nous ont approché.

« C’est une insulte à l’égard du personnel malgache », s’insurge l’un d’eux en précisant que la qualification dont dispose l’expatrié ne serait que « du niveau du brevet ». Après le sommet de la francophonie de surcroît et en vue de doter Madagascar d’un système transport aérien dont la modernisation des 2 prinipaux aéroports lui est confié, la France aurait trouvé mieux s’il s’agissait d’une assistance technique officielle. Serait-on donc en face d’une combine ? Toujours est-il qu’en sachant ce qu’il a fait à Air Madagascar et ses mensonges éhontés sur l’annexe, James Andrianalisoa serait capable de tout. Bref, la sortie du décret instituant des sanctions administratives et pécunières par l’ACM et l’arrivée de cet ancien gendarme ne serait-elle pas une simple coïncidence ? « Cherchez ailleurs qui sont les racketteurs », répondent les cadres.

Sa

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