Madagascar: Entre vraie corruption et fausses compétences
Cela va bientôt faire un mois que le très controversé Sommet de la Francophonie s’est achevé. Il faut dire les tenants et aboutissants de ce Sommet sont inconnus pour la quasi-totalité des malgaches. Une fois que les invités sont bel et bien partie, la vie de la Nation peut reprendre son cours normal. Ce train-train quotidien passe bien entendu par les cas de corruption, de trafics en tous genres sans oublier la coupure en alimentation électrique.
C’est d’ailleurs en cette période de fêtes que les cas de corruption sont les plus nombreux. Plus particulièrement auprès des agents de police chargés de la circulation. Ceux-ci n’hésitent pas un seul instant à réclamer leur « café » quotidien. Pour les usagers de la route, ce « café » est systématiquement dû, même si tous les papiers sont en règle et qu’aucune infraction manifeste n’ait été commise. Cette sale habitude bien connue par tout usager de la route ne saute évidemment pas aux yeux des responsables. Ce qui est tout à fait normal dans la mesure où eux aussi contribuent de manière évidente à l’augmentation des cas de corruption. Faut-il rappeler que la corruption est un acte répressible qui requiert à la fois l’intervention d’un corrupteur et d’un corrompu. Disons-le haut et fort, cette corruption n’est pas prête de s’arrêter. D’ailleurs, elle touche actuellement de nombreux secteurs. A part la circulation routière, les différents concours administratifs ou encore les affaires concernant le foncier sont également atteint par ce fléau. Cette pratique, bien qu’illégale est pratiquée à tous les niveaux. Ce fléau contribue à agrandir encore plus le fossé économique qui existe entre les personnes honnêtes et les personnes peu scrupuleuses.
Si la corruption est une pratique très courante chez les personnes à hautes responsabilités, le trafic d’influence n’est pas en reste. Dans ce pays, pour réussir, ou tout simplement pour se faire une place, il est indispensable de connaître une personne très influente. A cette allure, la moindre considération personnelle, tel que les diplômes ou autre attestation n’auront plus aucune valeur, plus particulièrement pour les générations à venir. A qui la faute ?
Johan R.