Persistance du délestage: Les fêtes s’annoncent mal

C’est maintenant confirmé, le délestage recouvre toute l’étendue de la Grande île, du Nord au Sud comme d’Est en Ouest. Antananarivo est de loin la seule ville concernée, et comparée à la population des autres villes de Madagascar, la population tananarivienne est chanceuse. En effet, dans certaines régions, le délestage est régulier et dure plus d’une dizaine d’heures. Pour plusieurs villes, notamment, Morondava, Ikongo, Ambatondrazaka, Moramanga, etc. Les coupures sont programmées pour durer des heures quotidiennement. Pour Ambatondrazaka par exemple, les coupures commencent à 4h du matin jusqu’à 10h. Parfois, cela ne suit pas ces dispositions et les coupures peuvent durer plus de 6h et reviennent 2 fois dans la journée. Même à Antananarivo, les coupures sont très fréquentes et peuvent durer plus de 10h comme le cas d’une branche à Ambodivona mercredi où l’électricité a été coupée plus de 13h. Dans certains quartiers, les coupures frappent 4 fois par jour et durent de 2 à 3 h. Sans sommation, les responsables s’amusent à couper l’électricité comme s’ils jouaient à un jeu vidéo sur leurs moniteurs en surprenant la population. Certaines personnes sont en plein travail, d’autres en train de réparer ou de bricoler quelque chose, d’autres sont en train de célébrer quelque chose d’important…mais ils sont tous pris au dépourvu et sont obligés d’arrêter le cours de leur vie à cause du délestage.

A la veille des fêtes de Noël et de fin d’année, le délestage semble persister et gagne même en durée. Bien que Noël, pour la majorité des malgaches, c’est l’occasion de se retrouver en famille, de se réunir autour d’un bon dîner hors du commun, ce sera très difficile de le faire cette année. En effet, les recettes de grand-mère classique comme la dinde au four, le canard au four, le canard laqué ou l’oie laqué, etc. Nécessitant plusieurs heures de cuisson, ne seront peut-être pas faisables ou ne seront pas prêts à temps à cause du délestage. Plusieurs pâtissiers témoignent déjà qu’à cause de ce phénomène gâche-fête, ils ont dû annuler plusieurs commandes de bûches de Noël. Les églises et autres organisations ayant organisé des fêtes pour le réveillon de Noël, se sont déjà préparées au pire en se munissant de groupe électrogène de secours. Mais les foyers classiques, eux doivent endurer.  Mais pourquoi devrions-nous vivre dans cette misère ? La réponse tient en 3 lettres : HVM.

Ayant les yeux plus gros que le ventre, les HVM, nos chers dirigeants, se sont lancés dans des promesses qu’ils ne peuvent même pas tenir. Cela à commencer durant la propagande où Hery Rajaonarimampianina a fièrement déclaré en public qu’il annulera le délestage en 3 mois, au maximum 6 mois.  Nous sommes tous témoins des résultats. Inconscient de la situation ridicule dans laquelle ils se sont lancés, Mahafaly Olivier a continué en affirmant vendredi dernier qu’il n’y aura pas de délestage durant les fêtes. Même les responsables de la Jirama ne sont pas d’accord avec cette affirmation car selon eux, le temps comme les moyens et le climat actuel ne leur permet pas de soutenir cette promesse. Encore une phrase sans fondement de la part de nos dirigeants. A la longue, on finit par s’habituer à leurs conneries même si cela affecte considérablement la vie de la population. Des promesses, toujours des promesses vides justes pour atténuer la tension de la population. Le pouvoir actuel n’est toujours pas conscient des répercussions que peuvent avoir ces promesses sans suite. Ils sont trop occupés à divulguer des informations mensongères à travers quelques médias sans éthique qu’ils tiennent en laisse. On ne peut pas se fier à cette promesse et il faut se préparer au pire avec ce régime. Peut-être qu’au meilleur des cas, ils vont réussir à allumer toutes les lumières d’Antananarivo mais pour ce faire, ils seront obligés de sacrifier quelques villes des autres régions de Madagascar. Ce qui est sûr, c’est qu’en aucun cas toute l’étendue de la Grande île passera les fêtes sous la lumière.

Les fêtes s’annoncent mal pour la population malgache. En dehors de réjouissances et des réveillons qui seront plongés dans le noir, les ruelles seront également baignées dans l’ombre, ce qui engendrera un niveau d’insécurité imminent. Finalement, il faut se faire à l’idée qu’avec le régime de Hery Rajaonarimampianina, même Noël peut être synonyme de malheur.

T.Berado