Marché pétrolier: Vers une hausse des prix en 2017
Un dollar encore plus fort tel que prévu au niveau mondial par les économistes pour l’année 2017 pourrait contribuer à l’envolée des prix du pétrole sur le marché international. Et Madagascar, en tant qu’importateur net de produits pétroliers, risque d’en souffrir. D’ailleurs, il faut souligner qu’entre 2016 et 2017, le dollar devrait s’apprécier d’environ 12,7% face à l’ariary, si l’on fait le calcul entre le taux de change moyen dollar/ariary. Les données du ministère des finances et du budget font, en effet, état d’une parité moyenne de 1 dollar pour 3 199,2 Ar en 2016, contre 3 607,9 Ar en 2017. Cette dépréciation de l’ariary va beaucoup contribuer à saler les factures des importations de produits pétroliers. Par la même occasion, elle va faire monter les prix à la pompe. Et lorsque ces prix prennent une courbe ascendante, les autres produits risquent fort de suivre le même mouvement. C’est le cas pour les transports, les prix des produits de première nécessité… Le gouvernement prévoit pour l’année prochaine une inflation similaire à celle de 2016, soit 7,1%. Mais avec la dépréciation de l’ariary face au billet vert et les autres donnes internationales qui pourraient renchérir les cours du baril, les prix à la pompe risquent de fausser cette prévision.
En effet, le récent accord sur la baisse du quota de production des pays membres de l’Organisation des producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) et de 11 autres pays non membres ne signifie pas grand-chose selon les analystes. Il pourrait ne pas influer sur les cours du pétrole. Tous ces producteurs sont connus pour produire plus qu’ils se sont convenus entre eux. En revanche, un dollar toujours plus fort en 2017 et les éventuels chocs géopolitiques majeurs pourront avoir plus d’impacts sur les prix. Ils pourraient les faire grimper. Certains analystes se risquent même à parler du baril à 100 dollars, contre 55,8 dollars fin novembre dernier. Notons toutefois que les chocs géopolitiques ont tendance à être temporaires et donc à influer sur les cours du pétrole sur une courte période. Seulement, les analystes invitent à surveiller l’évolution des relations entre les Etats-Unis et l’Iran, entre l’Arabie saoudite et l’Iran, sans oublier la situation politique en Iran et en Lybie. Malgré tout, ils estiment que la véritable reprise des cours pourrait s’appuyer sur une augmentation plus importante que prévue de la demande mondiale. Là-dessus, les chiffres ne parlent pas vraiment de reprise. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse de la demande de 100 000 barils par jour pour 2017.
C’est peu mais pour un pays importateur net comme Madagascar, la dépréciation de la monnaie locale face au dollar jouera un rôle crucial sur le marché pétrolier. Et ce ne sera pas en faveur des consommateurs qui risquent encore de composer avec des prix à la pompe élevés en 2017.
Fanjanarivo