Prix des transferts d’argent: Hausse de plus de 10% pour le mobile money
Pour l’envoi par mobile money d’un montant relativement élevé comme 350 000 Ar, il faut payer maintenant 7 800 Ar au lieu de 7 000 Ar incluant les frais de réception, il y a encore quelques temps. Ainsi, les coûts des transferts affichent une hausse de plus de 10% en cette veille des fêtes. Cette mesure rapporte aux opérateurs puisque les transferts sont censés monter en flèche en cette période. Certes, les tarifs appliqués dans le secteur du mobile money sont nettement inférieurs à ceux des services de transferts d’argent traditionnels (environ 10% du montant à transférer), mais une augmentation en cette période n’est pas tellement opportune. En effet, l’inflation des PPN rend déjà très difficile la vie aux ménages. Et s’il faut y ajouter l’envolée des prix de services comme les tarifs du mobile money, la situation ne peut qu’être problématique, notamment pour une grande partie des ménages qui dépend de leurs familles et proches à cause de leur pauvreté. Il faut d’ailleurs noter que le volume des transactions mobiles connaît une hausse vertigineuse depuis 2010. S’il était à 50 milliards Ar fin 2010, il a avoisiné les 300 milliards Ar en juin 2013, selon les données de la Banque centrale.
C’est plus que la moitié du chiffre d’affaires de la téléphonie mobile (592,8 milliards Ar d’après les statistiques de l’Agence de régulation des technologies de communication ou ARTEC). Ainsi, le secteur affiche fort probablement une importante hausse de son chiffre d’affaires. Par contre, l’augmentation des tarifs risque de réduire les efforts de démocratisation des services de mobile money. Cette démocratisation a, en effet, connu une belle progression, alors que la bancarisation stagne à un taux de 3%. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le pullulement des kiosques dédiés aux transferts d’argent par mobile money pour constater l’essor de ce secteur. De plus, la récente interopérabilité entre les trois opérateurs devrait augmenter les transferts et donc le chiffre d’affaires et les bénéfices. Mais avec l’importante hausse des tarifs de transferts, ces différents facteurs de développement du secteur pourraient ne pas jouer pleinement ce rôle. Or, le mobile money devrait avoir de belles perspectives car, si en 2013, les titulaires de téléphone portable étaient au nombre de 8 461 120, ils ont grimpé à 11 416 599 en 2015, d’après les données de l’ARTEC. Ce qui correspond à une progression de près de 35% sur cette période.
Comme quoi, le mobile money devrait connaître une belle avancée dans la mesure où les titulaires de téléphone portable sont des clients potentiels de ce secteur. De plus, le mobile money devrait participer à la sécurisation des transferts d’argent. D’aucuns se rappellent ces braquages de taxis-brousse transportant des voyageurs munis de fortes sommes d’argent en liquide. Ce genre d’attaque devrait diminuer de manière significative avec le mobile money. Pareil pour les actes perpétrés par les pickpockets parce que le paiement par mobile permet de faire ses courses sans avoir sur soi de l’argent liquide.
Fanjanarivo