Produits de première nécessité: La période de soudure, plus dure que jamais
Presque toutes les régions sont concernées par la hausse des prix et plus précisément celle des Produits de première nécessité (PPN). De 1 200 Ar il y a encore quelques semaines, le kilo du riz est maintenant à 1 400 Ar. La quasi-totalité des produits courants est concernée par cette hausse. Citons le sucre, la farine, l’huile alimentaire, etc. Une épicière ambulante des environs de la capitale explique que les consommateurs souffrent toutefois d’un pouvoir d’achat de plus en plus faible, notamment dans les zones rurales : « C’est compréhensible parce que cette période coïncide avec la soudure. Mais il faut souligner que la situation est critique parce que depuis que je fais ce travail, elle ne l’a jamais été comme ça, même pendant les périodes de crise politique ». Comme quoi, l’inflation, quoique à un chiffre, demeure trop élevée pour la grande majorité des ménages. Et elle l’est encore plus en cette période des fêtes qui coïncide avec la soudure. Cela veut dire que nombreux sont les ménages à devoir se priver pour Noël et le nouvel an. Les beaux jouets pour les enfants, les vêtements neufs et les repas somptueux ne seront pas au programme. Il faut se contenter de jouets de fabrication chinoise qui se cassent au bout de quelques minutes s’ils sont à des prix allant de 200 Ar à quelques milliers d’ariary.
Quant au repas, même l’œuf coûte très cher. Le gros calibre vaut maintenant 470 Ar dans la capitale. Plus qu’un ticket de bus ! Le même produit s’est acheté à 300 Ar, il y a quelques semaines de cela. Pour la viande, la hausse est également élevée parce que la viande de zébu vaut à partir de 9 600 Ar/kg. En principe, les prix de cette viande-là n’augmentent pas en cette période puisque les consommateurs préfèrent la viande de porc et les volailles. Mais ce n’est pas le cas cette année, car vers septembre-octobre, le prix de la viande bovine était encore à 8 000 Ar/kg. Même les légumes coûtent de plus en plus chères. S’il suffisait de 500 Ar pour s’acheter des brèdes pour une maisonnée de 3 à 4 personnes il y a quelques mois, il en faut maintenant le double. Devant l’appauvrissement croissant de la population, ces prix sont hors de portée des ménages pauvres, donc des 92% des Malagasy. Cette année, l’inflation est prévue à 7,1%. Mais il faut savoir qu’une grande variation est constatée sur les différentes localités. De septembre 2015 à septembre 2016, soit en glissement annuel sur cette période, l’Institut national de la statistique (INSTAT) indique que l’inflation a été de 12,5% pour Antsirabe, le taux le plus élevé.
Elle s’est située à 7,4% pour Fianarantsoa, 6,3% pour Antananarivo, 4,9% pour Mahajanga, 4,6% pour Toliara, 3,8% pour Toamasina et à 3,7% pour Antsiranana. Dans l’ensemble, ces taux donnent en glissement annuel une moyenne de 6,7%. Il faut souligner que les prix des PPN contribuent à hauteur de 35,2% à la variation des prix entre septembre 2015 et septembre 2016. Mais ils ne sont pas les seuls. Ainsi, l’INSTAT précise : « Selon la fonction des produits, la hausse des prix de la « santé », d’une part et celle de « l’enseignement » d’autre part sont respectivement de 1,5 % et de 1,9 % ; et leur contribution d’ensemble s’élève à 35,3 % de la variation totale des prix ». Des secteurs stratégiques pour le développement sont donc également affectés par ces poussées inflationnistes. De quoi aggraver l’accès de la population aux services de ces secteurs sociaux de base.
Fanjanarivo