Inégalités socioéconomiques: Les fêtes, un révélateur incontournable
Les grands magasins, les boutiques chics ainsi que les restaurants de luxe sont fréquentés par la petite frange de riches avant et pendant les fêtes. Certains d’entre eux optent pour des destinations européennes ou autres mais fastueuses pour passer Noël et le nouvel an. Cette catégorie comprend des politiciens, leurs proches et amis devenus riches grâce souvent à des pratiques pas très catholiques. Citons les marchés publics passés sous le sceau du copinage, les détournements de deniers publics, les trafics illicites de ressources naturelles, etc. En revanche, la grande masse de la population continue à ne pas manger à sa faim, même pendant ces fêtes. Pour les autres réjouissances, le centre-ville suffoque avec les embouteillages. Mais ce n’est pas tellement pour une foule qui vient avec des millions dans leurs poches pour s’acheter des beaux jouets pour les enfants ou pour des dindes ou autres nourritures luxueuses. Les gens y viennent pour acheter des menues choses qui ne coûtent pas chères. Les articles de fabrication chinoise sont les plus privilégiés par la grande majorité des consommateurs dont le pouvoir d’achat est loin d’évoluer vers le positif. Côté alimentation, les choix ne vont pas plus loin que queques morceaux de viande, si les riches et les dirigeants ont l’embarras du choix entre tel ou tel festin.
Dans la vie quotidienne, ces inégalités sautent aux yeux, rien qu’en entendant et en voyant la sirène des motos et voitures ouvreuses des dirigeants. Ces derniers se permettent de se frayer facilement un chemin à travers les embouteillages. Une situation qui fait toujours monter la voix dans les taxi-be car nombreux sont les passagers à s’irriter et même à se révolter contre cette pratique. A leurs yeux, c’est un moyen d’étaler un pouvoir qui ne sert pas à grand-chose, surtout pour les citoyens. Sinon, les inégalités s’observent dans ces nombreux projets immobiliers et ces grandes maisons qui sortent de terre en deux temps, trois mouvements. Or, plus de 70% de la populaion vivent dans des bidonvilles selon les données onusiennes. D’après une récente étude de la Banque mondiale, les inégalités ont pourtant des coûts financiers très élevés, affectent la croissance économique et génèrent des crises sociales et politiques. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons des crises répétitives à Madagascar. En effet, il y a toujours un grand écart entre les promesses politiques et les réalités vécues par la population. Et pour corser la situation, cet écart se creuse encore plus quand il s’agit de comparer le train de vie des dirigeants et des citoyens.
Une telle situation génère de la frustration, un manque de confiance aux institutions conduisant parfois à des actes extrêmes comme la justice populaire, et au final à un refus des dirigeants au pouvoir. Ce schéma s’est répété depuis les années 70. C’est seulement sous le retour de Ratsiraka au pouvoir (1997-2001) et sous Ravalomanana (2003-2008) que le PIB par habitant a connu un certain niveau, soit respectivement 1,38% et 3,29% par an, selon les données de la Banque mondiale. Cet indicateur permet de mesurer le développement. Seulement, ce niveau a été trop modeste pour permettre à la population de sortir de la pauvreté. De plus, ces 2 régimes n’ont pas dérogé aux pratiques des autres. Ils ont excellé dans la mauvaise gouvernance des affaires publiques. Le régime Rajaonarimampianina n’est pas non plus une exception. Le PIB réel par habitant en 2014 a affiché une croissance très modeste de 0,5%, contre 0,2% en 2015 et une petite progression de 1,3% pour cette année. Par contre, les richesses des trafiquants et autres opérateurs véreux mais impunis explosent.
Fanjanarivo
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