Transformation du bois-énergie: Plus de 1 million de tonne de pertes par an
Le niveau de consommation de charbon dans cette région est tel que les ressources en bois-énergie sont exploitées de manière sauvage. Voilà pourquoi la Plateforme régionale d’échange sur l’énergie biomasse (PREEB) vient d’élaborer un plan régional en énergie biomasse pour la période 2016-2020. En effet, la consommation annuelle de charbon de bois dans le Boeny est de 234 000 tonnes par an si l’on se réfère à la consommation par tête de 260 kg. Et il est évident que la biomasse de la région ne peut pas suivre cette forte demande, s’il ne prend pas les mesures nécessaires. Le reboisement selon le mode habituel, c'est-à-dire les campagnes annuelles sans suivi et sur des petites surfaces, ne résout pas le problème de déforestation pour les besoins en bois-énergie. Les journées portes ouvertes organisées par la PREEB les 20 et 21 décembre derniers devant l’hôtel de ville de Mahajanga ont permis de savoir que pour le Boeny, les forêts ne couvrent plus que 10% de la superficie de la région. Et la plupart de cette couverture forestière est composée d’aires protégées. Or, les besoins en bois-énergie sont d’environ 1 353 627 tonnes par an pour la région. Cela veut dire que les pertes lors de la transformation du bois en charbon sont très élevées, soit 1 119 627 tonnes par an.
Comme quoi, des mesures devraient être prises concernant les techniques de transformation. La coopération allemande qui intervient dans quelques régions dispose d’importantes expériences en la matière. Celles-ci ne concernent pas seulement la transformation du bois en charbon, mais également le reboisement à la fois individuel et communautaire. Cette approche produit des bons résultats et devrait être adaptée selon les réalités des différentes régions. Dans cette région, la plateforme régionale d’échange sur l’énergie biomasse estime que d’ici 30 ans, le Boeny n’arrivera plus à couvrir même les 10% de sa consommation en bois-énergie. Si rien n’est donc fait, il doit en importer en dehors de la région. Mais la situation nationale n’est pas non plus au beau fixe en ce qui concerne la disponibilité en bois-énergie. En effet, les forêts ne couvrent plus que 10% de la superficie totale. Le taux annuel de déforestation pour la période 2005-2010 est estimé à 0,4% selon l’Evaluation de la couverture des forêts naturelles à Madagascar 2005-2010. Il est en baisse parce que le taux a été de 0,8% entre 1990 et 2000. Mais la déforestation pour la période 2005-2010 est de 36 000 ha par an, alors que les forêts sèches du Boeny et de l’Atsimo Andrefana ont enregistré un taux de 0,9% sur cette période.
Pour la plateforme, l’objectif n’est pas de bannir l’utilisation de bois-énergie, mais de procéder à une meilleure utilisation. C’est ainsi qu’elle entend promouvoir le secteur biomasse en modernisant la filière qui n’est pas uniquement le bois mais également d’autres sources. Il est aussi question d’adopter des modes de consommation différents comme le foyer amélioré et les matières de substitution au charbon de bois. L’on doit aussi promouvoir les entreprises de pépinières et le reboisement individuel sur des terrains communaux, comme évoqué plus haut.
Fanjanarivo