7 derniers jours de l’année: Semaine bénie pour les agents des forces de l’ordre

Les derniers jours de l’année, c’est l’occasion pour les agents de la circulation et autres agents de maintien de l’ordre d’amasser le plus de pot-de-vin possible. Durant les fêtes de fin d’année, on se retrouve en groupe d’amis ou en famille pour se décompresser et se défouler, et la plupart du temps on sort de la capitale. La circulation devient dense en milieu périphérique. Les voitures font du va-et-vient entre Antananarivo et les régions avoisinantes. Entre les papiers de véhicule manquants et les autorisations anormales pour transporter plusieurs personnes, nombreux sont les motifs pour soutirer quelques « ariary ».

Depuis la veille de Noël, les bords des routes d’Antananarivo et ses périphéries sont bondés d’agents des forces de l’ordre. Policiers, gendarmes et autres agents spéciaux, ils s’entraident pour « réguler » la circulation. Mais en réalité, ils sont là pour profiter des fêtes et pour essayer de s’enrichir. Comme on le sait tous, à Madagascar, les infractions comme les feux manquants, les ceintures de sécurité défaillantes ou non, mais que les chauffeurs font exprès de ne pas mettre, les papiers anormaux, les défauts techniques en tout genre qui menacent la vie des passagers, etc. se règlent généralement sur les bords des rues grâce à un accord entre le chauffeur et les agents de la circulation. Il suffit de payer entre 500 et 10.000 ariary pour passer sans problème avec une voiture non règlementaire. C’est plus facile, moins chère et plus rapide que d’être en règle. Durant les périodes de fêtes, le nombre de ces voitures se multiplie, donc le nombre de pot-de-vin aussi. Si pour une journée normale, environ 10 à 20 voitures non règlementaires passent devant un carrefour, en période de fin d’année, ces chiffres se voient tripler voire même se quintupler, et cela fait beaucoup d’argent à ramasser. En plus, les pots-de-vin aussi augmentent de valeur durant les fêtes.

On les voit partout. Ils patrouillent selon leurs dires, mais si on observe bien, ils guettent. Ils attendent la moindre occasion pour trouver une faille et ainsi en profiter. Le plus grand problème avec les agents des forces de l’ordre à Madagascar, c’est qu’on ne se sent pas du tout en sécurité en les voyant, au contraire on se sent effrayé.

T.Berado