Entre janvier et mars 2017 dans le Grand Sud: La situation d’insécurité alimentaire pourrait se détériorer

Selon l’Analyse IPC, pour la période d’Octobre à Décembre 2016, trois districts (Tsihombe, Beloha, Amboasary Sud) ainsi que quatre communes dans le district de Taolagnaro (Ranopiso, Analapatsy, Andranobory, Ankariera) ont été classés en phase d’Urgence (IPC Phase 4) et quatre districts (Betioky, Bekily, Ambovombe et Ampanihy), ainsi que la commune de Beheloka dans le district de Tuléar II sont en phase de Crise (IPC Phase 3). Les districts de Tsihombe et Beloha sont dans une situation particulièrement critique.

Pis encore, les informations diffusées dans le Cadre Intégré de Classification de la Sécurité Alimentaire font état que la situation d’insécurité alimentaire pourrait se détériorer davantage entre janvier et mars 2017, si l’augmentation de l’aide humanitaire ciblant l’assistance alimentaire et non-alimentaire directe, ainsi que les interventions visant la réhabilitation des moyens d’existence, prévues pour les prochains mois ne se matérialisent pas. En effet, la pauvre consommation alimentaire des ménages demeure un problème grave dans toutes les zones analysées, en dépit de l'aide humanitaire en cours.

Plus d'un tiers des ménages ont déjà recours à des stratégies de moyens d’existence d'urgence, y compris la mendicité, la vente des terres ou de la maison, ou la migration de toute la famille. En outre, environ 40% des ménages ont adopté des stratégies de crise, dont la consommation des semences. Cette dernière est susceptible de limiter la capacité des ménages à tirer profit de la campagne agricole des variétés précoces d’intersaison ainsi que de la grande saison qui débute dès le mois d’Octobre 2016, si des mesures appropriées ne sont pas mises en place.

Bien qu’il soit nécessaire de collecter de nouvelles données, il est constaté que la dégradation de la consommation alimentaire et la détérioration notable des moyens d’existence n’ont pas encore produit d’effets extrêmes sur la situation nutritionnelle selon l’enquête de dépistage. Ainsi, la Malnutrition Aiguë Globale (MAG) mesurée à travers le Périmètre Brachial demeure en dessous du seuil d’alerte (10%) dans la plupart des districts, à l’exception de Tsihombe où trois communes dépassent le seuil d’urgence (15%) ainsi que dans 3 autres communes localisées dans les autres districts. D’ailleurs, une tendance à la hausse anormale du Taux d’Insuffisance Pondéral (TIP) a été observée dans 4 districts (Ambovombe, Bekily, Beloha, Tsihombe) durant les 6 derniers mois.

Et les mêmes données d’indiquer , surtout, qu’afin d'éviter une plus ample détérioration des modes de consommation alimentaire, des moyens d'existence et de l'état nutritionnel des personnes les plus vulnérables, l'aide humanitaire visant à rétablir une consommation alimentaire acceptable doit être intensifiée en même temps que les interventions visant à rétablir les moyens d’existence comme la distribution de semences et outils agricoles pour la préparation de la campagne agricole 2016/2017.

Certes, les aliments de base sont disponibles sur les marchés,  mais le taux élevé de pauvreté et l’absence d’opportunités de travail, combinés avec la forte volatilité des prix, affectent de manière significative le pouvoir d’achat des ménages. En effet, environ 80% des ménages dépendent du marché pour s’approvisionner en vivres juste après les récoltes et l’alimentation constitue pour ces derniers une part très importante de leurs dépenses. Les plus démunis consomment des aliments de substitution et/ou de disette.