Trafic de bois de rose: Confusion sur … Yvette
Qui est cette Yvette, présentée comme une femme « connue et puissante » et qui serait la commanditaire de l’exportation illicite de bois de rose sur le bateau « Lumina » ? Son nom circule car auditionnés à Toamasina, les membres d’équipage de ce navire auraient pointé la dame du doigt. Beaucoup de zones d’ombre en tout cas sur l’affaire, malgré les explications fournies par le Premier ministre Mahafaly Olivier qui s’est rendu spécialement dans le Grand Port. En tout cas, ce prénom n’étant pas accompagné d’un patronyme pour préciser une identité, des confusions pourraient survenir. Notamment avec une dame bien connue dans la région Analanjirofo (site où le bois de rose a été embarqué) mais aussi à Toamasina. Il s’agit d’Yvette Sylla, ministre des Affaires étrangères sous la transition, et veuve de Jacques Sylla, ex-Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale décédé en 2009. Ce dernier a été avocat pendant longtemps à Toamasina et y fut élu député en 1993 pour le compte des Forces Vives. Yvette Sylla fut candidate aux dernières législatives à Sainte-Marie (région Analanjirofo) sous les couleurs de son parti dit « Maman », et y a triomphé dans un premier temps. Mais la Cour Electorale Spéciale a décrété le recommencement du scrutin et les résultats furent cette fois inversés. Car Tsivoulagne Maximin (Indépendant) coiffa sa concurrente sur le fil et siège actuellement au palais de Tsimbazaza. Des mises au point devraient être faites pour que les ragots ne portent pas atteinte à l’honorabilité de la veuve Sylla.
En tout cas, la cargaison de 350 rondins du « Lumina » pourrait disparaître une troisième fois. Rappelons que cette marchandise a déjà été interceptée par les autorités et entreposée à Vinanivao (Cap Masoala), quand elle a été enlevée en catimini et embarquée sur le « Lumina ». Aujourd’hui reprise et retenue sur les quais du port de Toamasina, la cargaison pourrait être transbordée en douce sur un autre bateau et filer vers l’Asie. Car le port de Toamasina est le lieu de toutes les magouilles où les gros bonnets du régime se montrent particulièrement actifs. Tant que la direction du port de Toamasina ne sera pas assainie, nous n’accorderons aucun crédit aux plans anti-corruption du régime Rajaonarimampianina.
A.R.