Assainissement de la capitale : d’où vient le blocage ?
Depuis le début des années 2000, le cursus politique des maires de la capitale semble se tourner vers de plus grandes aspirations. Les exemples de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ont été quasiment identiques. Se voyant d’abord confiés les clés de la ville, ils ont fini à la tête de l’Etat. Si cette confiance populaire a pu s’établir à l’échelle nationale, c’est en grande partie grâce aux travaux qu’ils ont pu réaliser dans la ville des milles. Certes, dans les deux cas, les améliorations n’ont jamais pu atteindre leur point d’achèvement, mais de réels résultats ont été constatés.
L’un comme l’autre ont pris des mesures qui ont permis d’une certaine manière d’embellir la capitale. Si Marc Ravalomanana a réussi à imposer le port de tenues vestimentaires aux chauffeurs de taxi-be, son mandat en tant que maire de la ville a également permis l’harmonisation des taxi villes de la capitale où la couleur beige crème était obligatoire, ou encore la réhabilitation de nombreux axes routiers de la capitale. Pour sa part Andry Rajoelina a réussi à construire des infrastructures qui ont grandement contribué à l’embellissement de la ville, pour ne parler que du jardin d’Andohalo ou encore de l’Hôtel de Ville en plein milieu d’Analakely. La plupart de ces accomplissements ont été faits malgré les réticences vivement manifestées par les dirigeants centraux de l’époque. Si les projets d’embellissement de la capitale étaient censés aboutir à des résultats positifs, les projets se sont soldés par un véritable échec. Pour cause la soif du pouvoir de ces deux individus. Bien que n’étant plus directement impliqué dans la gestion de la ville et encore moins dans celle de l’Etat, l’on vient à se demander d’où vient le blocage systématique qui empêche l’assainissement de la Capitale, même aujourd’hui ?
L’actuelle mairesse de la capitale et non moins épouse de Marc Ravalomanana a, dès le début de son mandat, pris des mesures radicales dont le but essentiel est bien entendu l’embellissement et l’assainissement de la ville. A commencer par l’éviction des vendeurs de rues occupant les trottoirs et une grande partie de la chaussée réservée aux véhicules. Si ce n’était que le début du mandat de l’actuelle mairesse, les réactions contestataires n’ont pas tardé à se faire sentir. Une situation qui a même abouti à la prise d’assaut de l’Hôtel de ville par des militaires, qui sans aucun ordre de mission ont justifié leur déplacement par la saisie des affaires d’une de leur conjointe. Une prise de position évidente allant à l’encontre même de la politique d’assainissement souhaitée par l’organe exécutif de la ville. Autre fait majeur au cours du mandat actuel est la mise en place de nouvelles lanternes qui aurait pour but, là encore, d’harmoniser les taxis ville de la capitale, mais qui encore une fois se heurte à une réticence d’une partie des professionnels de ce secteur.
Face à de telles contestations, qui ne datent donc pas d’hier, la question se pose : quels sont les intérêts en jeu pour que l’assainissement de la capitale ne puisse se faire de manière effective ? En tant que capitale, Antananarivo est censé montrer l’exemple par rapport aux autres villes du pays, mais il n’en est rien. Le fait est qu’actuellement, la ville de Tanà est asphyxiée par la surpopulation. Comme nous le savons, elle a des conséquences néfastes au bon développement d’une ville, pour ne parler que de l’insécurité, l’insuffisance d’infrastructures ou encore l’insalubrité publique. Ne serait-il pas temps de penser à l’avenir de cette ville ou pourquoi pas penser à son extension ?
Johan R.