Relations extérieures: Une diplomatie inerte !
Il y a quarante ans, Madagascar a mis en avant une diplomatie au service du développement. Aujourd’hui, c’est plutôt une diplomatie inerte, sans relief, au bois dormant… L’île n’a aucun projet destiné à cimenter ses relations extérieures. Même avec la France, notamment, la coopération est devenue presque inaudible, nonobstant la volonté de Paris de relancer ses relations avec Antananarivo. La diplomatie malgache fait du surplace. Pire, aucun ambassadeur n’a été nommé à Paris, Tokyo, à Washington, etc. Sauf au poste de consul général à Marseille, confié à un… général de l’armée. Ridicule !
Notre diplomatie souffre d’un immobilisme qui risque de l’isoler davantage sur la scène internationale. D’ailleurs, sur le plan strictement régional, malgré sa taille et sa richesse, l’île n’a plus l’initiative, au sein de la Commission de l’Océan Indien (COI), dépassée largement par ses voisines (île Maurice, Seychelles, La Réunion…). Dans les capitales occidentales, nos ambassadeurs se contentent d’être présents dans les cocktails. Pourtant, leur rôle est de séduire les investisseurs, à travers des conférences, des expositions, des brochures, des vidéos…
Il fut un temps où nos diplomates, installés notamment dans les chancelleries en Europe, étaient de vrais diplomates. En ce moment, ce n’est plus le cas. C’est désormais le règne du népotisme qui guide et anime notre politique extérieure. Ni la ministre des Affaires étrangères, malgré son intention de revoir le fonctionnement de son département, ni le chef de l’Etat, en quête de diplomates expérimentés, chevronnés sont impuissants à redorer, à réformer nos relations extérieures. L’objectif est pourtant de dépoussiérer et de moraliser notre diplomatie.
Il est urgent, donc, de fouetter notre politique étrangère pour, non seulement, aimanter les bailleurs de fonds étrangers, mais surtout de maintenir la renommée de l’île. Pour ce faire, la tâche est rude. Que de temps perdu ! Les anciens gouvernements ne se sont guère préoccupés de réhabiliter l’île dans tous les domaines.
Concernant précisément les bailleurs de fonds institutionnels, ils s’apprêteraient (le conditionnel n’est pas tellement ici de rigueur) à revoir le déblocage des crédits et dons, alloués habituellement à Madagascar. En effet, les nombreuses défaillances de l’Etat dans les affaires de kidnappings, de détournements de deniers publics, les braquages, désolent la communauté des bailleurs de fonds. En fait, cette dernière a régulièrement donné, entre autres, pour la bonne gouvernance, pour la sécurité publique, et voilà le résultat !
Franck Raharison